Visages de diacres

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Au mois de mai et mois de septembre, de nouveau diacres seront ordonnés pour le diocèse. Comment se fait cet appel au diaconat ? Quel est le sens particulier de ce ministère remis en valeur dans l’Eglise ? Les réponses dans ce film vidéo sur les six futurs diacres permanents du diocèse de Luçon et leur famille.

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    Ordination d’Alexandre Guillaud

    Ordination d’Alexandre Guillaud

    2019-07 – Ordination diaconale d’Alexandre Guillaud : « Oui, je le veux, avec la grâce de Dieu. »

    Le dimanche 30 juin, lendemain de la solennité des saints apôtres Pierre et Paul, l’église Saint-Louis a vu la messe d’ordination au diaconat d’Alexandre Guillaud. A la différence des récentes ordinations de diacres permanents, Alexandre Guillaud s’achemine lui vers la prêtrise, qu’il devrait recevoir l’an prochain.

     

    Au cœur de l’église Saint-Louis de la Roche-sur-Yon, la ferveur était palpable.  C’est par un « Oui, je le veux, avec la grâce de Dieu » qu’Alexandre Guillaud, jeune homme de 31 ans originaire de Sigournais, s’est engagé par son ministère de diacre : au célibat, au service de Dieu et de son prochain, à une vie de prière, à l’annonce de la foi avec une conscience pure fidèle à l’Evangile et à la tradition, et à l’obéissance envers son évêque.

    Les textes de la liturgie du 13e dimanche du temps ordinaire invitaient l’assemblée à méditer sur la vocation. Une méditation sur l’appel vocationnel qu’a prolongée notre évêque dans son sermon. En s’adressant au futur diacre, Mgr Jacolin a rappelé d’abord les exigences de cet appel : « en devenant diacre en vue du sacerdoce ministériel, tu franchis une étape décisive, pour répondre à l’appel que le Seigneur t’a fait. En particulier, tu renonces à fonder une famille, et tu choisis le célibat pour le Royaume. Aujourd’hui, ce choix est souvent mal compris et mal accepté par la société y compris par certains chrétiens. Cela n’est pas étonnant, Jésus, en évoquant le célibat, nous avait prévenus : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Celui qui peut comprendre qu’il comprenne » (Mt 19, 11-12).

    Des exigences nécessaires pour une joie plus authentique celle du Christ lui-même : « il faut le reconnaitre, l’appel de Jésus à le suivre en devenant diacre puis prêtre est d’une impressionnante radicalité. Mais rappelons-nous cette autre parole de Jésus, dans l’Évangile de Jean au dernier soir : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » Jésus est exigeant pour ceux qui l’aiment et qu’il choisit pour le suivre et faire partager sa mission, mais en même temps il veut leur partager toute sa joie qu’il tient de son Père. Cher Alexandre je te souhaite de gouter dans le ministère diaconal que tu exerceras toute ta vie, même quand tu seras prêtre, la joie de vivre dans l’amitié de Jésus, qui veut partager avec toi tout ce qu’il a reçu de son Père. Je te souhaite de pouvoir chanter par toute ta vie diaconale et presbytérale les paroles du psaume que nous avons entendu aujourd’hui : « J’ai dit au Seigneur : Tu es mon Dieu ! Je n’ai pas d’autre bonheur que toi. »

    Ordination
    Sacrement diacre

    A la fin de la célébration, notre évêque a annoncé à Alexandre Guillaud sa nomination à la paroisse Saint-Martin de Montaigu. Le jeune diacre devra porter une attention particulière à la jeunesse de sa future paroisse. Mgr Jacolin souhaite aussi le voir accompagner les collégiens au prochain pèlerinage diocésain de printemps à Lourdes. Neuf séminaristes dont Alexandre Guillaud sont actuellement en formation pour le diocèse de Luçon, une majorité d’entre eux étaient présents en ce jour d’ordination. Alexandre Guillaud a quitté récemment Bruxelles et la maison Sainte-Thérèse, sa maison de formation durant 5 ans. Baccalauréat de théologie en poche, le nouveau diacre restera néanmoins en formation au séminaire interdiocésain de Nantes, mais il sera beaucoup plus investi, pendant son année diaconale, dans la paroisse vers laquelle il vient d’être envoyé.

    Sacrement diacre
    Alexandre Guillaud ordination

    L’ordination en vidéo :

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      Le diaconat en 20 questions

      Le diaconat en 20 questions

      1. Que signifie le mot « diacre » ?

      Le mot « diacre » vient du grec « diakonos » qu’on peut traduire par « serviteur ». Mais on ne comprend bien le mot que dans son contexte évangélique. Un auteur récent retient trois grandes caractéristiques du « service », la « diaconie » dans le Nouveau Testament.
      –  Il s’agit de se montrer disciple à la manière du Christ qui s’abaisse à servir, bien qu’il soit le « Seigneur » (cf. Lc 2224-27 et Jn 131-20)
      –  Il s’agit d’un service concret, répondant aux besoins prosaïques de l’autre qui nous sollicite, simplement parce qu’il est en situation de vulnérabilité (cf. Mt 2544 et Lc 1029-37)
      –  Il s’agit d’un service en vue de construire la communauté. Par exemple, l’aide à l’Eglise de Jérusalem pour Paul est une diaconie parce qu’elle manifeste l’appartenance de tous, pauvres et riches, au même Corps du Christ (Rm 1525-33, 2 Cor 8 et autres textes sur la collecte)

      2. Pourquoi diacre « permanent » ?

      Avant le Concile Vatican II et depuis 10 siècles environ en Occident, le diaconat n’était plus considéré que comme une étape vers la « prêtrise ». Le Concile a voulu que le « diaconat » soit un signe permanent du service (la diaconie) dans l’Eglise.

      3. Est-ce le Concile qui a inventé le diaconat permanent ?

      Non, le Concile Vatican II a voulu retrouver une intuition de l’Eglise apostolique, en mettant en valeur, le signe permanent du service comme cela a existé du 2è au 10è siècle environ.

      Mais le diaconat n’a pas disparu, puisque tous les prêtres et évêques ont été ordonnés diacres et que l’Eglise a toujours cherché les moyens de servir les hommes, en particulier dans leurs diverses situations de pauvreté.

      Ordination
      vitrail église

      4. Comment est venue l’idée de ré-inventer le diaconat ?

      Deux grands faits du XXè siècle ont eu probablement une influence décisive :

      – 1. Le renouveau des études bibliques et patristiques (les Pères de l’Eglise) qui ont permis de mieux connaître la structure apostolique des ministères anciens (épiscopes, presbytres, diacres).
      – 2. Les bouleversements de la 2è guerre mondiale. C’est dans les camps de concentration et dans la gestion du problème des réfugiés qu’on s’est demandé comment témoigner de la compassion et de la solidarité du Christ pauvre avec les hommes les plus humiliés. Loin des fastes religieux des liturgies de l’époque, ne devait-on pas retrouver l’humble signe d’un service sans moyens de gloire et de puissance ? C’est dans l’Allemagne opprimée par le nazisme que le projet de restaurer le diaconat a pris corps ! En 1957, Pie XII en reconnaissait la possibilité. L’éventualité de sa ré-activation fut inscrite dans les schémas préparatoires du Concile.

      5. Qu’est-ce que le Concile a dit ?

      Seulement que le diaconat pouvait être recréé comme degré permanent du Sacrement de l’Ordre là où les conférences épiscopales en exprimeraient le désir. De plus, il a souhaité que les laïques qui accomplissaient déjà des fonctions relatives à la diaconie de la charité, de la liturgie ou de l’annonce de l’Evangile, puissent recevoir la grâce sacramentelle du diaconat.

      Il a admis, après beaucoup de débats, que le diaconat pourrait être conféré à des « hommes d’âge mûr, même mariés ».

      6. Le diaconat existe-t-il dans tous les pays ?

      Le diaconat s’est développé principalement dans les pays occidentaux, démocratiques, laïques, sécularisés. En revanche, les pays de mission auxquels le Concile avait pensé ne l’ont pas développé. On peut penser que le diaconat est une réponse -inspirée par le St Esprit – à la situation de l’Eglise dans la société actuelle. Comment dire aux personnes qui pensent que la religion est d’abord affaire privée et cantonnée dans les lieux de culte, que l’Evangile s’incarne dans tous les domaines et les circonstances de la vie ? Le diaconat rejoint l’intuition des prêtres-ouvriers. A la différence que le diacre surgit de son milieu et que l’Eglise le désigne par l’ordination comme une repère évangélique du « service ».

      7. Les femmes peuvent-elles être ordonnées diacres ?

      La question demeure ouverte. Dans l’Antiquité, des femmes ont ce titre ; mais, à l’époque, la théologie du Sacrement de l’Ordre n’est pas encore élaborée.
      En 2003, la Commission Théologique Internationale qui a publié un dossier très complet sur l’évolution et les perspectives du diaconat depuis le Concile aboutit à ce sujet à deux conclusions :

      – Les diaconesses dont il est question dans la Tradition de l’Eglise ancienne ne sont pas purement assimilables à l’ordre des diacres. Elles constituent un ordre séparé.
      – L’unité du Sacrement de l’Ordre : Evêques, prêtres et diacres participent à la structure apostolique de l’Eglise. Seuls, les prêtres et les Evêques ont à proprement parler une participation au « sacerdoce » du Christ qui leur permet de faire l’Eucharistie dans le rôle du Christ-tête (in persona Christi). L’unité du Sacrement de l’Ordre fait pencher vers l’idée que, comme les deux autres ordres, le diaconat serait réservé aux hommes. La différence entre sacerdoce et diaconat ouvrirait au contraire l’autre possibilité. Pour l’instant, le Magistère de l’Eglise n’a pas tranché la question.
      Il faut sûrement tenir compte des traditions des autres églises chrétiennes sur cette question, en particulier des églises orientales.

      Diacre lors de leurs Sacrement
      Engagement d'un Diacre

      8. À quel âge peut-on être ordonné diacre ?

      25 ans si l’on s’engage dans le célibat (comme le prêtre), 35 ans si l’on est marié. En réalité, les plus jeunes ordonnés actuels en France ont plutôt 40 ans accomplis. En effet, la préparation dure au moins 5 ans. Or, une personne mariée, bien établie dans la communauté chrétienne, au statut professionnel stable, et avec déjà une vie matrimoniale et familiale conséquente, a plutôt aujourd’hui 35-40 ans que 25 ans !

      9. Est-ce la crise des vocations sacerdotales qui a motivé cette nouveauté ?

      Pas directement en tout cas ! Certes, on a souhaité que dans les pays de mission, ceux qui participaient déjà à des tâches ministérielles puissent recevoir la grâce du diaconat. Mais en 1964, en Occident en particulier, il n’y avait pas de déficit grave de vocations sacerdotales. Aujourd’hui, nous saisissons mieux la logique de Vatican II. L’Eglise prend conscience de sa situation nouvelle dans l’évolution d’un monde de plus en plus émancipé, sécularisé. L’Eglise ne veut plus se présenter comme une société parfaite, à côté ou contre les sociétés humaines. Au coeur du monde, elle a pour mission de faire signe, d’être comme le sacrement du Royaume, c’est-à-dire de l’alliance possible entre Dieu et les hommes – c’est l’appel à la sainteté – et de l’unité du genre humain – c’est l’appel à la fraternité universelle. L’Eglise veut « servir » ce projet de Dieu, et elle veut le faire humblement, dans le dialogue avec le monde. C’est à relire au n° 3 de la ConstitutionGaudium et Spes sur l’Eglise dans le monde de ce temps. Il y a une grande cohérence entre ce projet et l’institution renouvelée du diaconat. Le diaconat est là pour nous rappeler sacramentellement, institutionnellement, que l’Eglise n’existe dans le monde que pour servir les hommes selon le projet d’amour de Dieu-Trinité.

      10. Mais avec le manque de prêtres, les diacres ne risquent-ils de devenir leurssuppléants ?

      Ce serait dommage ! Le risque existe : les communautés ont des besoins religieux et cultuels ; les prêtres ont besoin d’aides formés ; et des diacres se trouvent disponibles et peuvent se trouver bien dans des rôles d’animateurs liturgiques ou pastoraux. Mais, si l’Eglise veut désormais rendre visible un ministère pastoral des prêtres et un ministère des diacres, tous deux donnés comme collaborateurs à l’Evêque, c’est pour rendre plus manifeste que le ministère de l’Eglise ne s’arrête pas aux frontières de l’Eglise rassemblée ; ce ministère existe, comme on vient de le dire, pour que tous les hommes sans exception, puissent, s’ils le veulent, accueillir le salut que Dieu leur offre et dont le terme est l’alliance filiale avec Dieu et la reconnaissance de tous comme des frères – à commencer donc par ceux qui ne comptent pas beaucoup !

      11. Pourtant, le diacre a des fonctions liturgiques. Est-ce nécessaire ?

      Oui, et il faudrait d’abord mettre en valeur les fonctions du diacre dans l’Eucharistie. En effet, c’est dans l’Eucharistie que nous puisons notre source pour construire la fraternité universelle. Le diacre est là pour que nous nous accueillions et formions communauté ; il est là pour nous nourrir d’une parole qui nous rejoint dans le concret de nos vies ; il est là pour porter nos dons, l’offrande de toute notre vie à l’autel ; il est là pour nous inviter à vivre des relations de paix malgré nos conflits ; il est là pour nous redonner le pain de la route quotidienne ; il est là pour nous renvoyer vivre l’Eucharistie dans le monde. Certes quand le prêtre est seul à l’autel, il accomplit ces fonctions. Mais quand la célébration est présidée par le prêtre, et servie par le diacre, on voit mieux que le Christ est le pasteur qui nous rassemble et qu’il est aussi le pasteur qui livre sa vie pour chacun, au point de laisser le troupeau pour chercher la brebis perdue. Quand le diacre préside le baptême ou la sépulture ou le mariage, de toutes façons, c’est comme délégué du curé, du pasteur, qui est toujours un prêtre, qu’il le fait.

      cérémonie futur Diacre

      12. Quelle différence entre un laïc très engagé et un diacre ?

      Le diacre, tel qu’il développe sa vocation en France, garde ses engagements sociaux. Par là, il manifeste clairement que l’amour, la charité qui puise sa source dans l’Evangile, est à vivre dans toutes les circonstances de la vie (familiale, professionnelle, civile, associative, etc.). Dans notre monde qui relègue le religieux à la sphère privée, c’est un signe souvent parlant pour des personnes éloignées de la vie de l’Eglise.

      Un militant peut devenir diacre, c’est certain ! Mais il fait alors un passage important. Il s’agit désormais pour lui de vivre sa militance, non seulement au nom de son baptême, mais pour signifier que le ministère de l’Eglise va jusqu’à porter le souci de tous les aspects de la vie humaine. Cette orientation unifie des choses et peut parfois les infléchir. Une autre différence fondamentale est que l’ordination « marque » la personne pour la vie.

      C’est donc un don sans retour que l’on fait de soi-même à cet autre qui est le Christ. On peut faire une analogie avec l’engagement des époux entre eux dans le mariage sacramentel. La qualité d’une vie diaconale n’est pas dans le nombre des engagements pris, mais dans la manière dont elle révèle à quelle profondeur Dieu, par le don qu’il nous a fait du Christ et de l’Esprit, vient nous rejoindre.

      13. Faut-il alors être un saint ?

      Tous les baptisés sont appelés à la Sainteté. Celle-ci n’est pas l’héroïsme, ni la perfection, mais l’acceptation de se laisser transformer par la grâce de Dieu. Notre état de vie (mariage, célibat, vie religieuse, ministère, engagement de laïc) est toujours notre chemin de sainteté. Le diacre, et son épouse si elle le souhaite, participe à la prière officielle de l’Eglise en récitant les Heures – le matin et le soir. C’est pour lui le rappel que son diaconat, si enraciné socialement qu’il soit, est radicalement une démarche spirituelle.

      Appel Diaconat

      14. Comment est-on appelé au diaconat ?

      Certains, suite à leur itinéraire dans l’Eglise, peuvent un jour ressentir un appel intérieur à officialiser leur service. Mais ce n’est pas le chemin le plus fréquent dans l’état actuel des choses. En France, les Evêques ont souhaité que les communautés, après avoir pris conscience du besoin missionnaire de manifester dans l’Eglise le souci de la vie des hommes, proposent à des personnes d’y réfléchir. C’est l’interpellation.

      Après un temps de recherche dans un groupe diocésain qui dure une bonne année, un dossier est constitué sur consultation de personnes qui les connaissent. Vient alors l’entrée en formation puis la constitution d’un groupe d’accompagnement. Ce groupe remplit une fonction d’Eglise très importante : représenter la communauté, aider au discernement, préparer la communauté à recevoir la grâce du diaconat, accompagner le cheminant et son couple.

      Après consultation des personnes du groupe d’accompagnement et des formateurs, la commission diocésaine de discernement donne un avis à l’Evêque qui alors appelle à l’ordination.

      C’est cette dernière démarche qui constitue à proprement parler l’appel (ou la vocation).

      15. S’il est marié, que demande-t-on à son épouse et à sa famille ?

      L’interpellation et l’appel doivent tenir le plus grand compte de la vie de l’épouse et des enfants du diacre.

      Epouse et époux sont liés par le sacrement de mariage. Celui-ci précède l’appel au diaconat et le diaconat de l’époux doit donc colorer son mariage. Les époux et les parents, a dit Jean-Paul II, exercent l’un envers l’autre et envers leurs enfants une véritable diaconie… L’autorité est à vivre comme un service. Il n’y a donc pas contradiction, mais renfort des significations !

      Ceci dit, l’interpellation est toujours bouleversante pour le couple. Elle peut révéler des manques, des failles, mais aussi très souvent permettre d’explorer de nouvelles possibilités et richesses. En tout cas, c’est un chemin spirituel que parcourt l’épouse autant que son mari. On peut même dire que souvent, c’est plus délicat pour elle, parce que si la cible est assez claire pour le mari, l’épouse doit, elle, trouver ses marques dans cette différence supplémentaire qu’ajoute l’ordination de son mari. Lors de l’admission comme à l’ordination, l’Evêque demande toujours à l’épouse si elle veut vivre ce qu’implique pour elle l’ordination de son mari. S’il se révélait qu’elle n’y est pas prête, l’ordination ne se ferait pas. Pour les enfants, il importe surtout d’être attentif aux retentissements sur eux de cette nouvelle donnée, surtout pour les adolescents. Etant appelés à s’émanciper, ils ne sont cependant pas dans la situation d’une épouse. Comme en d’autres décisions, il se peut que les parents passent outre à des objections des enfants. C’est à discerner !

      16. Pourquoi le cheminement est-il confidentiel ?

      Tant que l’appel officiel de l’Evêque n’a pas eu lieu, la confidentialité permet le respect de la liberté des cheminants comme des responsables diocésains.

      De plus, c’est au cheminant qu’il appartient de faire part de sa recherche et de son projet à ses enfants, à sa famille, à ses collaborateurs. Les fuites sont toujours désagréables et peuvent poser des difficultés.

      Les membres d’un groupe d’accompagnement doivent avoir la bouche fermée, mais l’oreille ouverte, car leur conviction intime au moment de l’appel définitif, doit en particulier tenir compte de l’accueil qui sera fait du diaconat de la personne appelée. N’oublions pas qu’il n’est pas ordonné d’abord pour lui-même, mais que son diaconat est un don que l’Esprit-Saint fait à l’Eglise.

      17. Pourquoi un diacre veuf ne peut-il se remarier ?

      D’abord, la règle générale obtient assez facilement des dispenses. Il suffit qu’une des trois conditions suivantes soit réalisée (Directives de 1997) :

      — La nécessité de subvenir à l’éducation de jeunes enfants,
      — La présence de parents ou de beaux-parents ayant besoin d’assistance,
      — La grande nécessité du ministère de ce diacre en faveur du diocèse.

      Si la règle générale demeure, c’est sans doute parce que l’ordination « prend » à la personne dans son état de vie et que celle-ci répond en confiance au Seigneur et, dans la foi, se propose de vivre la fidélité de Dieu pour ceux qu’il appelle à le servir.

      Les Eglises d’Orient qui ordonnent des prêtres et des diacres mariés ou célibataires observent les mêmes règles selon le même principe. Après l’ordination, on ne change pas d’état de vie.

      18. Comment concilier vie diaconale, vie professionnelle, vie familiale ?

      La vie diaconale n’est pas en plus de la vie professionnelle et de la vie familiale. Elle doit se vivre dans tous les domaines de la vie humaine. Elle joue comme un principe d’unification. Certes, il peut y avoir des conflits de devoirs, mais il est utile de se rappeler par exemple que se montrer père attentif aux loisirs de ses enfants fait partie du témoignage diaconal, autant que d’animer une réunion liturgique ! C’est plutôt la façon de relier les trois piliers principaux de la vie du diacre (activité professionnelle ou vie de retraité, présence familiale, souci de la vie ecclésiale) qui fait un diaconat signifiant. Encore une fois, il s’agit de montrer que la vie humaine est le lieu même de l’appel à la sainteté et à la fraternité !

      19. Comment le diacre peut-il faire les choix les plus judicieux ?

      En fonction du discernement opéré et auquel le groupe d’accompagnement apporte sa contribution, l’Evêque précise au diacre les contours de son ministère par une « lettre de mission ». Celle-ci lui permet de dégager des priorités qui ne sont pas d’abord les siennes, mais celles de l’Eglise locale. La lettre de mission est également précieuse pour se situer par rapport aux autres ministres : prêtres, laïques avec lettre de mission, équipes et conseils pastoraux divers, etc. C’est encore une référence importante pour le couple. Cette lettre de mission est relue avec le Vicaire Episcopal, et éventuellement ajustée, tous les ans. Elle est toujours à réajuster à la retraite professionnelle et à l’âge de 75 ans.

      Bien sûr, la mission tient compte des « charismes » de la personne. Cependant, des besoins, des appels peuvent orienter vers des ministères imprévus.

      20. Quel avenir pour le diaconat ?

      Un bel avenir s’il reste dans la ligne de la « diaconie ». Ses disparitions au cours des siècles correspondent à une moindre conscience du rôle social que l’Eglise a à jouer dans le monde.

      En fait, c’est une nouvelle figure de l’Eglise qui se lève, parce que le monde change et que l’Esprit a éveillé l’Eglise à de nouveaux « signes des temps ! » Le diaconat est une des nouveautés du paysage. Mais il y en a d’autres : l’affirmation de l’autonomie des réalités politiques, économiques, scientifiques que l’Eglise n’a pas à régenter, mais sur lesquelles elle doit s’efforcer de donner des critères de discernement évangélique ; l’éveil d’un laïcat organisé et responsable ; le renouveau de la liturgie et de la prière ; l’étude des sources chrétiennes ; le dialogue oecuménique et interreligieux.

      De tout cela, le Concile a commencé la prise de conscience. Il n’est pas neutre du tout que le diaconat ait eu, en même temps, sa renaissance.

      Michel Manceau.

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        Pourquoi inscrire ses enfants à la catéchèse

        Pourquoi inscrire ses enfants à la catéchèse

        Catéchèse dans le diocèse de Luçon

        Il n’y a pas d’âge pour être catéchisé !

        Pourquoi la catéchèse ?

        Si pour des parents parler de Dieu a du sens, cela semble évident de lui permettre de rejoindre un groupe qui les aidera à être éducateurs de la foi de leur enfant. En effet, il n’est pas toujours facile de répondre aux questions de son propre enfant dans le domaine de la foi. Les catéchistes vont formuler à leur manière ce que Dieu nous propose.

         

        En catéchèse, en premier lieu l’enfant découvre qui est Jésus, il est invité à le rencontrer. Jésus est la Parole de Dieu. Il y a très longtemps un enfant, Samuel, entendit Dieu l’appeler ; c’est Elie au service duquel Samuel était qui lui fit comprendre d’où venait cet appel. Le catéchiste a aussi ce rôle de permettre à l’enfant de repérer les signes de Dieu dans sa vie. L’enfant, comme le jeune Samuel, est ensuite libre de répondre à Dieu.

         

        La catéchèse ne se contente pas de donner des connaissances (qui est Jésus, ce qu’est l’Église, ce que sont les sacrements…). Son but est « de mettre quelqu’un non seulement en contact, mais en communion, en intimité avec Jésus-Christ » (DGC n°80). L’enfant est amené à réfléchir sur comment vivre en chrétien. Autrement dit, il s’agit d’un appel à accueillir l’amour de Dieu pour devenir capable de l’aimer en retour et d’aimer les autres.

        La question du choix revient souvent pour des parents : « je laisse mon enfant choisir s’il veut faire de la catéchèse » ou « il choisira plus tard sa religion ». Or les parents donnent ce qui leur semble important à leur enfant pour grandir. Ils ne le laissent pas décider à leur place, même s’ils prennent le temps de l’écouter. Découvrir qui est Dieu, comprendre le sens de la vie, réfléchir sur ce qu’on veut faire de sa vie, saisir que les autres sont aussi aimés de Dieu et que cet amour de Dieu nous lie aux autres sont pour tout croyant des questions existentielles.

        Être catéchisé, c’est enfin entendre que Dieu nous appelle à être heureux : ce bonheur, il le construit avec nous. Si la marque de fabrique de notre société est souvent le ”tout, tout de suite”, la catéchèse s’appuie plutôt sur le fait qu’on ne construit pas en une nuit. C’est un cheminement qui dure toute la vie ; il  permettra à l’enfant de poser les repères de sa vie future, d’aborder les obstacles sans que ceux-ci soient gommés, mais avec le sentiment qu’il est accompagné.

        La foi est un don de Dieu qui ne s’impose pas. Être catéchisé donne à chacun de rencontrer Dieu dans la prière, à travers les autres. « L’Église ne suppose jamais la foi comme un fait acquis, mais elle sait que ce don de Dieu doit être nourri et renforcé pour qu’il continue à conduire sa marche » (Le Pape François, encyclique La lumière de la foi, n°6).

        par Yves LOIZEAU

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        Rencontre avec un futur diacre permanent

        Rencontre avec un futur diacre permanent

        2019-06 – Rencontre avec Philippe Cailleaud, futur diacre permanent

         

        Philippe Cailleaud, 44 ans, marié à Hélène et père de quatre enfants, sera ordonné diacre permanent le samedi 15 juin, à la Verrie. Lors de son cheminement vers le diaconat, Philippe a aussi vécu une reconversion professionnelle, en quittant le monde des marchés sur les places de la région, pour celui du service à la personne. Un travail qui prend tout son sens pour son futur ministère de diacre.

        C’est au cours de leur préparation au mariage que Philippe et Hélène ont véritablement découvert l’amour et la miséricorde du Seigneur. Une étape de leur vie qui reste marquante : « Nous nous sommes rencontrés en faisant du badminton. Lorsque nous avons décidé de nous engager dans le mariage, nous voulions que cela ait du sens ». Tous les deux ont reçu les sacrements de l’initiation chrétienne étant plus jeunes, mais confient n’avoir pas été des pratiquants réguliers. « Nous avons commencé par un week-end de préparation avec “Amour et engagement”, à Rennes, qui a été un moment fort. Nous avons alors commencé à nous investir un peu plus dans la vie de la communauté paroissiale. Mais c’est surtout lors d’une rencontre autour de la miséricorde que notre vie a changé. Nous avons réalisé que le Seigneur nous aimait là où nous en étions, comme des recommençants qui retrouvaient le chemin de la foi », explique Philippe.

        Mr Philippe Cailleaud avec sa femme

        C’est au cours de leur préparation au mariage que Philippe et Hélène ont véritablement découvert l’amour et la miséricorde du Seigneur. Une étape de leur vie qui reste marquante : « Nous nous sommes rencontrés en faisant du badminton. Lorsque nous avons décidé de nous engager dans le mariage, nous voulions que cela ait du sens ». Tous les deux ont reçu les sacrements de l’initiation chrétienne étant plus jeunes, mais confient n’avoir pas été des pratiquants réguliers. « Nous avons commencé par un week-end de préparation avec “Amour et engagement”, à Rennes, qui a été un moment fort. Nous avons alors commencé à nous investir un peu plus dans la vie de la communauté paroissiale. Mais c’est surtout lors d’une rencontre autour de la miséricorde que notre vie a changé. Nous avons réalisé que le Seigneur nous aimait là où nous en étions, comme des recommençants qui retrouvaient le chemin de la foi », explique Philippe.

        AVANCER DANS LA CONFIANCE

        Lorsqu’un couple du doyenné est venu les interpeller sur la question du diaconat permanent, tous les deux sont bouleversés. « Nous avons mis plusieurs jours à nous en remettre ! Après avoir réfléchi et prié, nous avons vraiment senti la présence de Dieu à nos côtés. Nous avons accepté de commencer à cheminer, de quitter nos sécurités, avec nos fragilités mais dans la confiance », se souvient le couple, non sans émotion. Au fil des années de préparation, depuis six ans, Philippe et Hélène avancent, parfois avec des doutes, mais certains que le Seigneur ne les abandonne pas. « J’avance avec mes pauvretés, mais dans la confiance », confie Philippe. « Le diacre est ministre du lien, entre l’Eglise et le monde. Ce sera à moi de vivre la fidélité au Christ dans la relation à l’autre, dans le respect de ce qu’il est ». Soutenu par sa famille et sa communauté paroissiale, Philippe avance vers le jour de l’ordination, le samedi 15 juin, à 16 heures en l’église de la Verrie.

         

        Pour Philippe et Hélène, ce cheminement vers le diaconat est indéniablement marqué par ce qu’ils ont vécu à travers leur reconversion professionnelle. « Nous étions épanouis dans le monde du commerce et apprécions les relations avec les clients sur les marchés, une tradition familiale. Mais nous avons ressenti le besoin d’approfondir notre relation à l’autre », explique Philippe. Le couple s’abandonne alors au Seigneur. Philippe suit une formation pour devenir accompagnant éducatif et social, et commence à travailler au foyer de vie des Hauts de Sèvre, auprès de personnes en situation de handicap, à Mortagne. « Comment rejoindre l’autre dans ses fragilités ? L’aider à réaliser ses projets ? », sont des questions qui tiennent à cœur le futur diacre. De son côté, Hélène, après avoir validé un diplôme de conseillère en économie sociale et familiale, travaille maintenant pour la congrégation des missionnaires montfortains à Saint Laurent-sur-Sèvre. Le couple est attaché à la spiritualité du Père de Montfort et participe au pèlerinage montfortain, qui est pour eux « un vrai temps de ressourcement auprès de Marie, à Lourdes ».

        ADL

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