« A la suite du Père de Montfort, le Père Olivier a donné sa vie pour l’Eglise et pour la Vendée »

Un mois après la mort du Père Olivier Maire, la vie reprend peu à peu un cours normal à Saint-Laurent-sur-Sèvre.

Loin du tumulte qui a suivi l’annonce du décès du supérieur provincial des Pères Montfortains dans la nuit du 8 au 9 août dernier, l’heure est maintenant à la reprise des activités spirituelles et pastorales pour cette nouvelle année.

Dans le refectoire des Père sMontfortains, un grand portrait du Père Olivier a été installé.

Dans le réfectoire des Pères Montfortains, un grand portrait du Père Olivier a été installé.

L’émotion reste palpable lorsque Père Paulin Ramanandraibe, recteur du sanctuaire, évoque les évènements encore récents qui ont endeuillé la congrégation des Pères Montfortains, et plus largement l’Eglise diocésaine au cœur de l’été.

« Le choc de la mort de notre frère Olivier a créé un grand émoi, c’est vrai, mais également une solidarité et même une fraternité qui nous dépassent. Aujourd’hui, il y un vide car nous avons perdu un ami et il nous faut continuer à vivre malgré son absence. Il y a aussi des questions : « Qu’est-ce que le Seigneur veut nous dire, nous transmettre à travers cette épreuve ? ».

Des questions et des sentiments mêlés : outre une grande peine, le Père Paulin confie avoir eu de la colère envers le jeune rwandais accueilli au sein de la communauté, le meurtrier présumé du Père Olivier.

« Peu à peu, j’ai réalisé que je ne pouvais pas garder cette colère en moi. C’est le pardon qui nous rend la paix et nous donne la force d’avancer. Nous ne pouvons pas juger ni condamner, mais nous sommes invités à prier d’abord pour Olivier bien sûr, mais aussi pour Emmanuel, ce jeune rwandais ».

Le Père Paulin estime que le témoignage de la vie donnée du Père Olivier est celui d’une charité sans conditions. Jésus nous le dit dans l’Evangile :

« Ce que vous faites aux plus petits, c’est à moi que vous le faites ».

Ce qu’a fait Olivier, en demandant à la communauté d’accueillir Emmanuel, c’est bien en réponse à la demande de Jésus de nous soucier de ceux qui sont dans le besoin. Malgré tout ce qui s’est passé, nous ne regrettons rien. Nous avons perdu un frère, mais l’acte que nous avons fait ensemble de l’accueillir, nous ne le regrettons pas ». Il ajoute :

« Bien sûr, nous devons désormais agir avec prudence et discernement ».

Vers l’avenir avec confiance

Pour le recteur, la congrégation doit désormais continuer d’avancer, « en confiant au Seigneur l’avenir et la mission qui se poursuit, dans l’esprit du Père de Montfort et de notre frère Olivier ». L’heure est maintenant à la reprise des activités, prévues de longue date, avec à partir du 13 septembre, et jusqu’au 18, le pèlerinage de la famille montfortaine à Lourdes. Puis, le dimanche 17 octobre, Saint Laurent-sur-Sèvre sera au cœur du lancement de l’Année Mariale dans le diocèse. Selon le Père Paulin, la mort du Père Olivier va permettre un plus grand rayonnement de « la ville sainte de la Vendée ». Depuis les obsèques, qui ont eu lieu le 13 août, de nombreuses personnes viennent en effet prier sur sa tombe, dans le cimetière de la communauté, situé le long de la Sèvre nantaise.

Cet après-midi-là, sous le chaud soleil de septembre, c’est une fidèle venue de la Roche-sur-Yon qui se recueille, avec son amie religieuse, sœur Cécile-Marie, fille de la Sagesse.

« Olivier était quelqu’un de généreux et bon. Il était très cultivé mais restait aussi très humble », souligne la religieuse.

De son côté, le Père Paulin atteste que la personnalité du Père Olivier a marqué beaucoup de gens.

« Nous avons de très nombreux témoignages de personnes qui ont été marquées par sa vie, son sourire, sa joie, sa passion du Père de Montfort. C’était un homme de relation, qui allait au-delà du cercle de l’Eglise, jusqu’aux périphéries. Il avait une grande ouverture, non seulement spirituelle mais aussi culturelle ».

Des images avec la photo du Père Olivier Maire ont ainsi commencé à être distribuées, et son ultime homélie, prononcée le dimanche 8 août à Saint Laurent, la veille de sa mort, est en cours de publication.

« Sa dernière homélie était sur l’eucharistie », précise le Père Paulin.

Il disait ainsi aux paroissiens, quelques heures avant de rejoindre le Père : « L’eucharistie, c’est le pain que nous partageons ! C’est le Corps du Christ qui nous est vraiment donné. En recevant son Corps, nous nous engageons à faire de même : que notre vie aussi soit donnée au Christ, pour la vie du monde, à notre niveau et entre nous ».

ADL

Sur la tombe, un olivier, symbole de paix

Sur la tombe, un olivier, symbole de paix.

Des fidèles viennent se recueillir dans le cimetière au bord de la Sèvre nantaise

Des fidèles viennent se recueillir dans le cimetière au bord de la Sèvre nantaise.

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