Retour colloque ; « Définir l’homme » du 20 au 21 mars 2023

Retour colloque ; « Définir l’homme » du 20 au 21 mars 2023

Définir l’homme

Une approche pluridisciplinaire

« Définir l’homme », tel est le thème de ce colloque. Définir l’homme, n’est-ce pas là une entreprise présomptueuse ? Entendons l’avertissement de Pascal si attentif à souligner les paradoxes de l’expérience humaine et à débusquer les contradictions de nos raisonnements ? Quelle chimère est‑ce donc que l’homme, quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige, juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur, gloire et rebut de l’univers ! Qui démêlera cet embrouillement ? Que deviendrez‑vous donc, ô homme qui cherchez quelle est votre véritable condition par votre raison naturelle ? […] Connaissez donc, superbe, quel paradoxe vous êtes à vous‑même ! Humiliez‑vous, raison impuissante ! Taisez‑vous, nature imbécile ! Apprenez que l’homme passe infiniment l’homme et entendez de votre Maître votre condition véritable que vous ignorez. Écoutez Dieu... TEXTE COMPLET DE MGR JACOLIN

Si « l’homme passe infiniment l’homme » comment se risquer à une définition de l’homme ?

Le sous-titre du colloque « approche pluridisciplinaire » lui assigne un objectif plus modeste : à travers une diversité de points de vue raisonnés, qu’ils soient scientifiques, philosophiques, théologiques, il s’agit d’approcher modestement le mystère de l’homme.

Mais se pose alors une autre question due à l’ambiguïté du mot « homme » en français. Les organisateurs du colloque entendent-ils traiter de l’espèce humaine ou du genre masculin ?

La réponse est dans l’illustration du tract de présentation du colloque reprenant la magnifique fresque d’Adam et Eve par Masolino da Panecale dans la chapelle Branccacci à Florence.

Ainsi le colloque porte-t-il essentiellement sur la complémentarité de la distinction homme-femme bruyamment remise en cause aujourd’hui par des courants post-modernistes.

Puisque Pascal et l’illustration du colloque m’y encourage, je me risquerai, en lecteur passionné de la Bible, à une brève relecture de la révélation divine dans le récit de la création au livre de la genèse.

Il est écrit :

Dieu créa l’homme à son image,

à l’image de Dieu il le créa :

mâle et femelle il les créa.

C’est donc à travers la relation homme-femme plus qu’à partir de la seule personne individuelle que l’humanité a été créée « à l’image de Dieu ».

On sait comment Jésus a repris et fusionner les deux récits de la création pour souligner l’union indéfectible de l’homme et de la femme dans le mariage :

Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme et dit : « À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. » Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !

Ainsi l’altérité homme et femme, en vue de leur union dans l’égalité de leur dignité humaine, n’est pas une différence comme les autres qui pourrait être manipulée au gré d’opinions changeantes. Elle est au fondement de toutes les relations interpersonnelles.

A partir de la distinction primordiale entre l’homme et la femme et de leur rencontre, on apprend à se reconnaître fils et filles d’un père et d’une mère, frères et sœurs dans une famille ; on apprend à trouver sa place dans la communauté humaine en respectant chacun dans son altérité ; on apprend donc à devenir vraiment soi-même, à travers toutes ces relations différenciées qui nous construisent comme personnes humaines au sein de la société.

L’union de cette altérité fondatrice trouve son lieu de réalisation dans l’institution du mariage, au croisement du corporel et du spirituel, de l’intime et du public, de la nature et de la grâce, croisement où s’enracinent la construction personnelle de chacun d’entre nous et la construction de la société tout entière dans la suite des générations.

Il me reste le devoir et le plaisir d’exprimer ma reconnaissance à ceux qui ont été les organisateurs dévoués et efficaces de ce colloque conjoint entre l’ICES et le diocèse de Luçon : Monsieur l’abbé Philippe-Marie Airaud et Madame Marie-Pierre Chéreau.

Je remercie aussi chaleureusement tous les intervenants qui ont accepté de participer à ce colloque sur le sujet délicat dans le contexte d’aujourd’hui mais passionnant depuis toujours : « Qu’est-ce que l’homme ? »

+ François JACOLIN

Evêque de Luçon

VIDEOS

Le genre dans le règne animal 

Pédopsychiatrie et genre

Du phénomène humain à l' »homme » ?
Une critique de la raison humaniste

Homme-femme ; ce qu’en disent les neuro-sciences

La femme est-elle un homme comme un autre ?

Théologie du corps : homme et femme, 
Il les créa

Droit naturel, droit positif et dysphorie de genre

Conclusion du colloque
scientifique
 

Identité de genre ; enjeux pastoraux et accompagnement

Imago Dei dans la Tradition

Comment agir en conscience face au genre dans le monde de la santé et de l’éducation

Eduquer les jeunes à devenir qui ils sont

« Définir l’homme »

Conclusion

« Définir l’homme », au terme de ce colloque avons-nous réussi à le faire ? J’espère que non !

Mais la qualité des intervenants nous a permis, je crois, d’approfondir son mystère. Il ne m’est pas possible de reprendre, même très brièvement, toute la richesse des interventions ; et cela a déjà été fait – et si bien fait ! – en fin de la matinée. Je me contenterai de suggérer deux pistes pour prolonger la réflexion de ce colloque.

 

La première concerne l’emprise du mal sur les relations humaines en général et la relation homme-femme en particulier.

Dans mon introduction au colloque, j’ai un peu triché en disant que la fresque de Masolino da Panicale représentait la création d’Adam et Eve. Il s’agit en fait de la tentation d’Adam et Eve comme le suggère le fruit dans la main d’Eve qui, comme vous pouvez le constater, n’est pas une pomme !

Plusieurs des intervenants ont fait allusion à la nature blessée de d’humanité et la citation de Pascal que j’ai utilisé dans mon introduction « l’homme passe infiniment l’homme » fait partie d’une de ses réflexions sur l’énigme du péché originel dont voici la conclusion :

Chose étonnante cependant que le mystère le plus éloigné de notre connaissance, qui est celui de la transmission du péché, soit une chose sans laquelle nous ne pouvons avoir aucune connaissance de nous‑mêmes !

Car il est sans doute qu’il n’y a rien qui choque plus notre raison que de dire que le péché du premier homme ait rendu coupables ceux qui, étant si éloignés de cette source, semblent incapables d’y participer… Et cependant, sans ce mystère le plus incompréhensible de tous nous sommes incompréhensibles à nous‑mêmes. Le nœud de notre condition prend ses replis et ses tours dans cet abîme. De sorte que l’homme est plus inconcevable sans ce mystère, que ce mystère n’est inconcevable à l’homme.

Aujourd’hui où la question du mal est soit occultée – nous n’avons pas besoin d’être sauvés –, soit conduit à un nihilisme sans horizon, cette piste de réflexion est, je crois, à reprendre d’urgence.

 

La seconde piste concerne la destinée eschatologique de la complémentarité homme-femme dans la perspective de la résurrection de la chair, notion qui a été abordée dans telle ou telle intervention et qui est, je crois, absolument capital dans l’anthropologie chrétienne.

En effet, la révélation biblique contient le paradoxe suivant. La complémentarité homme-femme, largement mise en valeur au cours de ces deux jours – est donnée comme la seule véritable image de Dieu en ce monde ; et cependant Jésus déclare aux sadducéens qui contestent la réalité de la résurrection des morts :

Vous vous égarez, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu. A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans le ciel.

Certes, être « comme des anges », ce n’est pas être tout-à-fait un ange ! Jésus répond à des sadducéens qui présentaient dans une intention polémique la résurrection d’une façon caricaturale et matérialiste, réponse qui prend place dans la controverse classique entre pharisiens et sadducéens sur cette question. Surtout la scène se passe avant la résurrection du Christ, clé de la révélation du salut et donc de l’anthropologie chrétienne dans sa finalité eschatologique.

Mais déjà la suite de la réponse du Christ nous oriente vers ce qui nous a été si bien dit par plusieurs intervenants, à savoir que l’alliance de Dieu avec l’humanité est tout orientée vers la vie :

Et au sujet de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce qui vous a été dit par Dieu : « Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ? » Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

Dieu est le Dieu des vivants, car la relation « vivifiante » de Dieu avec les patriarches est toujours actuelle dans le cours du monde et pour la vie éternelle. Certes, il n’est question que des patriarches, mais sans les matriarches Sarah, Rebecca, Rachel et Léa, il n’y aurait plus aujourd’hui d’hommes pour porter la révélation divine !

Mais venons-en à l’essentiel. Dieu n’a pas de corps, mais avec la résurrection du Verbe fait chair, la corporéité de l’humanité est entrée pour toujours au sein de la Trinité. Jésus-Christ est monté au ciel auprès de son Père avec son corps glorifié gardant à jamais les stigmates de sa passion à travers laquelle s’accomplit notre salut et qui nous introduit dans « la bienheureuse espérance » de ressusciter lors de son glorieux avènement à la fin des temps.

Nous sommes dès aujourd’hui membres du corps du Christ ; mais bien plus encore : toute l’humanité rachetée est appelée à entrer – et c’est l’accomplissement final de tout le dessein divin du salut – dans l’alliance nuptiale du Christ et de l’Eglise en laquelle s’accomplit et est subsumée la complémentarité ontologique de l’homme et de la femme.

Rappelons-nous l’amour du Christ pour son Eglise tel que nous le présente la lettre aux Ephésiens :

Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle, afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée.

Rappelons-nous ce que nous révèle la finale de l’Apocalypse, ce vers quoi tend toute l’histoire du salut :

« Alléluia ! Il règne, le Seigneur notre Dieu, le Souverain de l’univers. Soyons dans la joie, exultons, et rendons gloire à Dieu ! Car elles sont venues, les Noces de l’Agneau, et pour lui son épouse a revêtu sa parure. » […] « Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ! »

 

« Soyons dans la joie, exultons, et rendons gloire à Dieu ! » : ce sera le mot de la fin.

 

+ François JACOLIN

Evêque de Luçon

« Légaliser l’euthanasie comme acte de soin, ce serait corrompre le soin »

« Légaliser l’euthanasie comme acte de soin, ce serait corrompre le soin »

Fin de vie : Mgr d’Ornellas s’étonne que les inquiétudes des soignants ne soient pas entendues 

Entretien, dans La Croix du 20 février 2023, de Mgr Pierre d’Ornellas, responsable du groupe de travail « bioéthique » de la Conférence des évêques de France.

L’archevêque de Rennes réagit au vote, dimanche 19 février, de la Convention citoyenne sur la fin de vie en faveur d’une aide active à mourir.

Recueilli par Arnaud Bevilacqua pour La Croix

La Croix : Comment réagissez-vous au vote de la Convention citoyenne sur la fin de vie en faveur de l’ « aide active à mourir » ?

Mgr Pierre d’Ornellas : Je note que trois quarts des 184 citoyens s’opposent à 13 organisations de santé regroupant 800 000 soignants. Pourtant l’expertise des soignants qui côtoient l’ambivalence et la vulnérabilité est plus précieuse qu’une discussion entre personnes bien portantes. Les citoyens ont voté massivement pour les soins palliatifs, et ils n’écoutent pas ceux qui les pratiquent. Quel paradoxe !

Par ailleurs, la question posée par la première ministre – sur l’adaptation du cadre législatif sur la fin de vie aux différentes situations rencontrées – est en soi un piège : aucune loi ne peut répondre à toutes les situations. Le piège a fonctionné : si ce vote des citoyens dictait la loi, alors la porte est ouverte à toutes… 

Aumôniers d’hôpitaux : et la laïcité alors ?

Aumôniers d’hôpitaux : et la laïcité alors ?

Quel rôle ? Quelle place ? 

Débat sur la fin de vie, accompagnement des malades, présence religieuses auprès des souffrants : la place des aumôniers d’hôpitaux se retrouve (in)directement au coeur de l’actualité.

Dans notre société actuelle, la place de la fin de vie et l’accompagnement des malades, des souffrants, des plus fragiles est au coeur des débats. L’Eglise alerte et demande une « aide active à vivre » pour les patients. (In)directement lié à ce sujet d’actualité, la place des aumôniers dans les établissements de santé, « gardiens des âmes des patients, garants du lien avec le reste de la communauté ecclésiale » rappelle l’Eglise. 

Quel est le rôle d’un aumônier d’hôpital ? Comment se passe la rencontre entre les patients et les aumôniers de santé ? Et en hôpital psychiatrique ? Quelle place pour la laïcité ? 

Dans une série de 4 vidéos, l’Eglise en France vous propose de répondre à ces questions avec le témoignage de Jeanne Mombelli, responsable de la pastorale de la santé du diocèse de Montpellier, celui d’aumôniers en hôpitaux psychiatriques ou encore les explications de Costantino Fiore, aumônier national des hôpitaux.

La pratique religieuse à l’hôpital est un droit du patient. Faites-le connaître !

Nos vies face à la mort

Nos vies face à la mort

La question de la fin de vie dans notre société 

Aide active à mourir ou aide active à vivre ? Comment comprendre l’euthanasie ? Quels regards porter sur cette évolution de notre société ?
Comment répondre aux besoins des personnes souffrantes ?

« La dignité humaine est inviolable et inaliénable, quelles que soient les fragilités vécues. Qu’il est magnifique de prendre soin avec douceur et compétence de telle sorte que les souffrances humaines soient apaisées ! »
Eglise catholique de France –

Alors que le Comité Consultatif National d’Ethique vient de publier son rapport dans lequel il valide la possibilité d’un accès légal à une assistance au suicide, nous nous demandons comment réagir en tant que chrétien. Aide active à mourir ou aide active à vivre ? Comment comprendre l’euthanasie ? Quels regards porter sur cette évolution de notre société ? Comment répondre aux besoins des personnes souffrantes ?

DOSSIERS

Le 16 novembre a été donnée une conférence par le
Pr. Xavier Ducrocq, suivit d’une table ronde avec 3 intervenants.

Malheureusement, contrairement à ce qui été prévu, à la suite d’un problème technique (absence de son), nous ne sommes pas dans la capacité de vous proposer la rediffusion de cette soirée. Un entretien est néanmoins disponible sur RCF Vendée. 

« Comment comprendre que, quelques mois seulement après cette grande mobilisation nationale, soit donnée l’impression que la société ne verrait pas d’autre issue à l’épreuve de la fragilité ou de la fin de vie que l’aide active à mourir, qu’un suicide assisté ? », interrogent-ils.

« Nous avons des arguments de Foi pour dire notre choix d’être pour la vie jusqu’au bout […] et quand on ne peut rajouter des jours à la vie, rajouter de la vie aux jours« .

Conférence des évêques de France : « L’attente la plus profonde de tous n’est-elle pas l’aide active à vivre, plutôt que l’aide active à mourir ? »

A la demande du Saint Père le Pape François, le 14 juillet 2020, la congrégation pour la doctrine de la foi, après plusieurs années de réflexion,  a publié une lettre intitulée, « le bon samaritain » sur le soin des personnes en phases critiques et terminales de la vie.

VIDEOS

Colloque sur la fin de vie proposé par l’Espace Bonne Nouvelle à Rennes le mercredi 28 septembre 2022 en l’église Saint-Aubin de Rennes. Dr Claire Fourcade, Présidente nationale de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, répond aux questions de Patrice Moyon, journaliste à Ouest France.

Dr Jean-Marie Gomas est l’un des fondateurs du mouvement des soins palliatifs, ancien médecin généraliste, gériatre, ancien chef d’Unité de Soins Palliatifs à l’AP-HP. Il est également enseignant universitaire, auteur de plusieurs ouvrages dont le premier livre mondial sur les soins palliatifs à domicile, et expert co-rédacteur pour les tutelles et les instances politiques sur les questions de l’euthanasie, de la fin de vie et des soins palliatifs.

« Quand l’esprit d’équipe nous anime, besoin de chacun pour « garder le fil ». Dans un contexte actuel difficile pour les établissements de soins, nous avons mobilisé les compétences de chacun, sans faire abstraction des difficultés quotidiennes. Ce projet a renforcé la cohésion de notre équipe de soins palliatifs et permis à tous d’y trouver un sens, tant artistique que professionnel.« 

Colloque sur la fin de vie proposé par l’Espace Bonne Nouvelle à Rennes le mercredi 28 septembre 2022 en l’église Saint-Aubin de Rennes, animé par Patrice Moyon, journaliste à Ouest France.

FILMS

Pourquoi des bénévoles s’engagent pour accompagner des personnes de la fin de leur vie jusqu’à leur mort ? Le film regarde au-delà de la générosité de ces personnes, vers quelque chose de plus profond. Il interroge la place de la mort dans notre société et le rôle de la mort dans notre vie quotidienne. Accompagnée de ces personnes bénévoles, nous allons à la rencontre d’un prêtre aumônier, d’une médecin chef de service des soins palliatifs et de ses étudiants en médecine. Nous partageons leurs expériences, recueillons leurs paroles, et ne cessons tout au long d’interroger en filigrane la question fondamentale d’éthique sur la dignité en fin de vie et l’euthanasie.

UNE COPRODUCTION KTO/NOMADE PRODUCTIONS FILMS 2022 – Réalisée par Caroline Puig-Grenetier

En s’inscrivant dans la période particulière de la fin de l’existence, le réalisateur Frédéric Chaudier regarde, écoute, accompagne les patients, les bénévoles, les équipes soignantes de la maison médicalisée Jeanne Garnier, à l’heure où ces voyageurs particuliers qui séjournent dans l’établissement, sont appelés à s’éloigner. Simple, belle et humaine, cette odyssée est une expérience tour à tour tendre, poignante, drôle et émouvante.

Un film de 93 min., de Frédéric Chaudier plongé au coeur de l’unité de soins palliatifs de l’établissement Jeanne Garnier à Paris.

Amy  (Zoe Saldana), étudiante, rencontre un jour un chef en Italie, Lino (Eugenio Mastrandrea). Tombés amoureux, ils vont vivre ensemble à Los Angeles, aux Etats-Unis. Mais un jour, Lino apprend qu’il est atteint d’un cancer en phase terminale… Une bouleversante odyssée entre amour, chagrin, résilience et espoir par-delà les cultures et les continents. 

Avec : Zoe Saldaña,Eugenio Mastrandrea,Keith David
Créateurs : Attica Locke,Tembi Locke

PODCASTS

Euthanasie : les évêques réagissent

Euthanasie : les évêques réagissent

« Une aide active à vivre »

A la suite de la publication de l’avis du CCNE ouvrant la possibilité d’une évolution de la législation sur la question de l’euthanasie, les évêques de France réagissent.

Alors que le Comité Consultatif National d’Ethique vient de publier son rapport dans lequel il valide la possibilité d’un accès légal à une assistance au suicide, nous nous demandons comment réagir en tant que chrétien. La Conférence des évêques de France a réagit dans une tribune publié dans le journal Le Monde : « L’attente la plus profonde de tous n’est-elle pas l’aide active à vivre, plutôt que l’aide active à mourir ? »

De son côté, sur les ondes de RCF Vendée, le père François Bidaud, vicaire général du diocèse de Luçon, nous disait «  »Nous avons des arguments de Foi pour dire notre choix d’être pour la vie jusqu’au bout » et nous invitait à « entrer en dialogue avec nos contemporains sur la base de notre raison » 

Conférence des évêques de France : « A l’écoute de malades, de soignants, de familles, d’acteurs des soins palliatifs, nous percevons que le besoin essentiel du plus grand nombre est d’être considérés, respectés, aidés, accompagnés, non abandonnés. Leur souffrance doit être soulagée, mais leurs appels expriment aussi leur besoin de relation et de proximité. L’attente la plus profonde de tous n’est-elle pas l’aide active à vivre, plutôt que l’aide active à mourir ? »

« Durant la crise liée au Covid-19, notre société a fait de lourds sacrifices pour “sauver la vie”, en particulier des personnes les plus fragiles (…) », font valoir les évêques de France. « Comment comprendre que, quelques mois seulement après cette grande mobilisation nationale, soit donnée l’impression que la société ne verrait pas d’autre issue à l’épreuve de la fragilité ou de la fin de vie que l’aide active à mourir, qu’un suicide assisté ? », interrogent-ils.

L’Avis du CCNE jette du brouillard sur la réflexion. Il utilise le même mot « fraternité » pour qualifier à la fois l’aide active à mourir et l’accompagnement par les soins palliatifs. Mais comment appeler fraternel le geste qui donne la mort à son frère qui la demanderait ?

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, responsable du groupe de travail « bioéthique » au sein de la Conférence des évêques de France

« Nous avons des arguments de Foi pour dire notre choix d’être pour la vie jusqu’au bout […] et quand on ne peut rajouter des jours à la vie, rajouter de la vie aux jours« . Sur RCF Vendée, le père François Bidaud nous invite à faire appel à la conscience : « Qu’est-ce que cela veut dire de demander à quelqu’un d’autre de donner la mort ?« 

Bioéthique : chacun est renvoyé à sa liberté et à sa responsabilité

Bioéthique : chacun est renvoyé à sa liberté et à sa responsabilité

Si la loi dit le droit, elle ne dit pas le bien !

Le socle de la « bioéthique à la française » dont notre pays était si fier est gommé : la dignité propre à tout être humain – petit et grand – n’est plus le point focal.

La loi de révision des lois de bioéthique vient d’être votée par l’Assemblée nationale. Malgré plusieurs années de débats, une logique s’est imposée qui fait de la dignité de l’être humain une valeur à géométrie variable. Le « large consensus » voulu par le Président de la République n’existe pas et l’on voit triompher une volonté idéologique malgré de nombreuses alertes – parfois de simple bons sens- exprimées par nos concitoyens.

Le socle de la « bioéthique à la française » dont notre pays était si fier est gommé : la dignité propre à tout être humain – petit et grand – n’est plus le point focal.

Face à cette loi, les évêques de France continuent de manifester une grande inquiétude et adressent un appel.

Maintenant que la loi de notre pays autorise de nouvelles transgressions, il importe plus que jamais que chacun trouve les moyens de la vigilance et d’un discernement personnel afin de faire ses choix en pleine conscience de ses conséquences éthiques.

La satisfaction d’un besoin -même légitime-, le principe d’égalité, les besoins de la recherche scientifique, la peur du handicap ne peuvent justifier qu’on traite l’être humain comme un matériau manipulable et éliminable.

Si la loi dit le droit, elle ne dit pas le bien. Ce nouveau cadre législatif fait sauter de nouvelles digues éthiques et renvoie chacun, plus que jamais, à sa responsabilité personnelle.

 

+ Mgr Éric de Moulins-Beaufort 
Archevêque de Reims
Président de la Conférence des évêques de France

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