15 octobre : Ste Thérèse d’Avila, une vie mystique intense

15 octobre : Ste Thérèse d’Avila, une vie mystique intense

La réformatrice du Carmel

Sainte et Docteur de l’Eglise, Thérèse d’Avila est la grande figure de la réforme du Carmel. Elle vivra une vraie conversion, la poussant, malgré bien des résistances, à réformer le Carmel et vivre pleinement sa vocation de carmélite.

Teresa de Cepeda y Alumada entre à 20 ans au Carmel de sa ville. La règle y est alors pratiquée de façon mitigée. Longtemps, elle s’en satisfait. Mais en 1555, en contemplant le Christ en croix et en lisant les Confessions de Saint Augustin, elle décide de vivre pleinement sa vocation carmélite.

Elle se rend compte que les pratiques religieuses de cet Ordre se sont dégradées et elle veut le réformer pour le faire revenir à la Règle primitive, malgré bien des résistances.

LA RÉFORME DU CARMEL

Poussée par l’Esprit saint, elle fonde, le 24 août 1562, le petit monastère de Saint Joseph. C’est le début d’un rand bouleversement : en quelques mois les fondations se multiplient : Medina del Campo (1567), Malagon (1568), Valladolid (1568), Tolède (1569), Pastrana (1569)… Elle sera ensuite, avec Jean de la Croix, à l’origine de la réforme de la branche masculine du Carmel, de la même manière que pour les femmes.

Les fondations se poursuivent à un rythme régulier : Villanueva et Palencia (1580), Soria (1581). Après sa dix-septième fondation à Burgos (1582), elle se rend à Alba de Tormes où elle meurt le 4 octobre 1582, en remerciant Dieu de l’avoir faite «Fille de l’Église»

La réforme qu’elle impulse dans l’Ordre du Carmel espagnol entraîne quelques années après sa mort la création d’une branche autonome au niveau de l’ordre : l’Ordre des Carmes déchaux. Cette nouvelle branche monastique s’étendra rapidement dans toute l’Europe puis le monde : le nombre des carmes réformés dépassera rapidement, et dépasse toujours, le nombre des carmes non réformés.

Maison de Louis et Zélie Martin - CC BY-SA 3.0 Pierre-Yves Emile (1)

UNE VIE MYSTIQUE INTENSE

Durant sa vie contemplative, la future Sainte Thérèse d’Avila recevra des grâces spirituelles intenses, particulièrement durant l’oraison. Elle raconte avoir sa première apparition ainsi que la vision de l’enfer en 1557. Durant les années suivantes elle reçoit, dit-elle, de grandes faveurs célestes, parmi lesquelles la vision de Jésus ressuscité.

Qu’il est admirable de songer que Celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s’enferme ainsi en nous qui sommes une si petite chose !
Sainte Thérèse – Chemins de la Perfection

Au sommet de sa vie mystique, Thérèse raconte avoir vécu l’expérience de la transverbération. Dans sa biographie française publiée au xvie siècle il est dit : « Je vis un ange proche de moi du côté gauche… Il n’était pas grand mais plutôt petit, très beau, avec un visage si empourpré, qu’il ressemblait à ces anges aux couleurs si vives qu’ils semblent s’enflammer … Je voyais dans ses mains une lame d’or, et au bout, il semblait y avoir une flamme. Il me semblait l’enfoncer plusieurs fois dans mon cœur et atteindre mes entrailles : lorsqu’il le retirait, il me semblait les emporter avec lui, et me laissait toute embrasée d’un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu’elle m’arrachait des soupirs, et la suavité que me donnait cette très grande douleur, était si excessive qu’on ne pouvait que désirer qu’elle se poursuive, et que l’âme ne se contente de moins que Dieu. »

DES ÉCRITS QUI FONT RÉFÉRENCES

Elle est l’auteur de nombreux ouvrages tant biographiques que didactiques ou poétiques. Elle nous a laissé des écrits de haute spiritualité, en particulier «Le château intérieur de l’âme» qui est une extraordinaire méthode de prière et d’oraison qui la range parmi les meilleurs guides de l’oraison contemplative. On retrouve également, pêle-mêle, « Le Chemin de Perfection », « Les Demeures », ou encore « Pensées sur l’Amour de Dieu ».

Au XXe siècle, elle est déclarée docteur de l’Église catholique et elle est la première femme à obtenir ce titre.

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1er octobre : Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions

1er octobre : Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions

De religieuse cloîtrée à sainte patronne des missions

Considérée comme l’une des plus grandes saintes de l’époque contemporaine, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face aura vécu une vie courte mais très profonde, devenant de manière totalement étonnante et paradoxale, docteur de l’Eglise et sainte patronne des missions, elle qui était religieuse et cloîtrée au carmel de Lisieux.

Née Marie-Françoise Thérèse Martin à Alençon dans l’Orne en France le 2 janvier 1873, la future sainte est la cinquième et dernière fille d’une famille chrétienne où elle grandit « entourée d’amour ». Ses parents, Louis et Zélie Martin, seront canonisés plusieurs décennies après leur fille, et sa soeur Zélie, également religieuse mais à la Visitation quant à elle, reconnue vénérable, est actuellement en procès de béatification. Une famille où les 3 autres soeurs sont également carmélites (les parents ayant perdu 4 enfants en bas âge) et où la foi a une place importante.

Installée à Lisieux après le décès de la maman, la famille Martin vit dans la solitude à l’écart de la ville. Aujourd’hui les Buissonnets (la maison familiale) est en plein coeur de Lisieux, la ville s’étant agrandie. Thérèse, petite fille enjouée au caractère bien trempé devient après la mort de sa mère « timide et douce, sensible à l’excès ».

C’est à Noël 1886 qu’elle vivra une vraie conversion qui à la fois la fait sortie de l’enfance et lui donne également l’élan missionnaire qui va l’habiter jusqu’à ses derniers jours. «Jésus me revêtit de ses armes et, depuis cette nuit je ne fus vaincue en aucun combat, mais au contraire je marchais de victoire en victoire et commençais pour ainsi dire une course de géant. ». En juillet 1887, à l’issue d’une messe du dimanche à la Cathédrale Saint Pierre, elle reçoit la révélation de sa mission : sauver des âmes par la prière et le sacrifice.

DE RELIGIEUSE CLOÎTRÉE À SAINTE PATRONNE DES MISSIONS

Sainte Thérèse désire « se faire apôtre au Carmel  » et elle écrira « Je voudrais parcourir la terre, prêcher ton nom et planter sur le sol infidèle ta Croix glorieuse, mais, ô mon Bien-Aimé, une seule mission ne me suffirait pas, je voudrais en même temps annoncer l’Évangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées… Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années mais je voudrais l’avoir été depuis la création du monde et l’être jusqu’à la consommation des siècles  » (Manuscrit B).

Mais comment devenir missionnaire lorsque l’on est cloîtré dans un carmel ? Partir dans un carmel à l’étranger ? La situation se présentera avec la création d’un carmel à Hanoï mais sa santé trop fragile l’oblige à rester en France. Son état ne lui permettrait même pas de supporter le voyage. Les responsables lui confient deux prêtres, l’abbé Maurice Bellière, missionnaire en Afrique puis l’abbé Adolphe Roulland, envoyé en Chine, pour qu’elle prie pour eux. Elle leur écrit régulièrement et suit leur apostolat missionnaire : « Ma seule arme est l’amour et la souffrance [tandis que] votre glaive est celui de la parole et des travaux apostoliques  » peut-on lire dans une lettre adressée au père Roulland en 1896.

Au père Maurice Bellière, Thérèse écrira « Comment douter que le bon Dieu ne veuille ouvrir les portes de son royaume à ses enfants qui l’ont aimé jusqu’à tout sacrifier pour lui, qui, non seulement, ont quitté leur famille et leur patrie pour le faire connaître et aimer, mais encore désirent donner leur vie pour lui ! Jésus avait bien raison de dire qu’il n’est pas de plus grand amour que celui-là ! « . 

Être missionnaire autrement qu’en allant sur le terrain, c’est Jésus lui-même qui lui a montré comment vivre cette vocation : en pratiquant le commandement de l’amour. Et c’est ainsi qu’elle entrerait au cœur même de la mission de l’Église, en la soutenant avec la puissance mystérieuse de la prière.

Et c’est justement par ses lettres et écrits qu’elle va cette vocation de missionnaire. En effet, peu de temps après sa mort, à l’âge de 24 ans à Lisieux, le 30 septembre 1897, ses écrits posthumes sont publiés, dont Histoire d’une âme, diffusée à plus de cinq cents millions d’exemplaires. Ils ont un retentissement non seulement en France mais également à travers le monde ce qui en fait l’une des plus grandes mystiques du XIXe siècle. La dévotion à sainte Thérèse s’est développée tout autour du globe. 

Maison de Louis et Zélie Martin - CC BY-SA 3.0 Pierre-Yves Emile (1)

UNE FERVEUR POPULAIRE RECONNUE

Dès 1907, soit 10 ans après le décès de Thérèse, le pape Pie X souhaite sa glorification. La ferveur populaire est rejointe par la reconnaissance de l’Église. Ainsi en 1910 le procès pour sa béatification s’ouvre et la cause est officiellement déposée en 1914 par le pape Pie X. En 1921, le Pape Benoit XV reconnait l’héroïcité de ses vertus faisant d’elle la Vénérable Thérèse de l’Enfant-Jésus. Elle est ensuite béatifiée en 1923.

Thérèse de Lisieux est canonisée le 17 mai 1925, en présence de cinq cent mille personnes, par le pape Pie XI qui l’appelle « l’étoile de son pontificat ». Pie XI affirmera de Thérèse de Lisieux : « L’Esprit de vérité lui ouvrit et lui fit connaître ce qu’il a coutume de cacher aux sages et aux savants pour le révéler aux tout-petits. Ainsi, selon le témoignage de notre prédécesseur immédiat, elle a possédé une telle science des réalités d’en-haut qu’elle peut montrer aux âmes une voie sûre pour le salut. « . 

Thérèse de Lisieux est proclamée sainte patronne des Missions à l’égal de Saint François-Xavier le 14 décembre 1927, puis sainte patronne secondaire de la France, comme Sainte Jeanne d’Arc, le 3 mai 1944 par Pie XII. 

Enfin le 19 octobre 1997, année du centenaire de sa mort, sainte Thérèse est proclamée Docteur de l’Église par Jean-Paul II.  » Dans les écrits de Thérèse de Lisieux, sans doute ne trouvons-nous pas, comme chez d’autres docteurs, une présentation scientifiquement organisée des choses de Dieu, mais nous pouvons y découvrir un témoignage éclairé de la foi qui, en accueillant d’un amour confiant la condescendance miséricordieuse de Dieu et le salut dans le Christ, révèle le mystère et la sainteté de l’Église« .

FO’M

17 septembre : Hildegarde de Bingen, sainte et écolo avant l’heure ?

17 septembre : Hildegarde de Bingen, sainte et écolo avant l’heure ?

Fondatrice de monastères, naturaliste, musicienne, peintre et visionnaire, elle est une sainte étonnante et détonante.

Le 17 septembre nous fêtons Ste Hildegarde de Bingen (1098 – 1179). Depuis quelques années, et en particulier la publication de « Laudato Si » et la tendance écologiste en vogue, cette sainte et docteur de l’Eglise connaît un profond regain d’intérêt. Mais qui est-elle ?

Dixième enfant d’une famille noble de Bemersheim, en Rhénanie, Hildegarde reçoit, dès l’âge de trois ans, des visionsEt cela durera soixante dix-huit ans. Confiée très jeune au couvent de Disibodenberg, Hildegarde prononce ses vœux perpétuels au couvent et reçoit, vers l’âge de quinze ans, le voile monastique des mains de son évêque. Devenue abbesse, elle s’en va fonder une autre communauté à Bingen puis une à Eibingen. Elle voyage, va où on l’appelle, prêche dans les cathédrales et les couvents, correspond avec toutes les têtes couronnées, les pontifes de son temps, saint Bernard et bien d’autres. 

Fondatrice de monastères, naturaliste, musicienne, peintre et visionnaire, elle est une sainte étonnante et détonante. Pour autant, sa canonisation « équipollente » (c’est à dire sans miracle) est tardive, celle-ci ayant lieu en 2012 sous Benoit XVI qui la proclame également Docteur de l’Eglise, faisant ainsi d’elle la quatrième femme (après Ste Thérèse d’Avila, Ste Catherine de Sienne et Ste Thérèse de Lisieux) parmi les 36 docteurs de l’Eglise.

POURQUOI « ECOLO AVANT L’HEURE » ?

Connue depuis longtemps pour ses visions, Ste Hildegarde touche un public de plus en plus large grâce à ses dons pour la musique et la médecine, domaines dans lesquels très peu de femmes ont laissé leur nom au Moyen Âge. Sa médecine des « simples » s’appuie essentiellement sur sa profonde connaissance des plantes, animaux, éléments, métaux ou pierres. Aujourd’hui, cette médecine intéresse principalement une population en quête d’alternatives à la médecine tradition­nelle.

A l’heure où l’on dénonce l’alimentation industrielle, le stress et les produits chimiques, ce retour au naturel plus écologique tend à plaire à un large public. Alimentation saine grâce aux « aliments de la joie », la place majeure de l’épeautre, de certains légumes, fruits, herbes médicinales et épices, des remèdes naturels à base de plantes et d’épices, des moyens d’éliminer les toxines accumulées dans notre organisme, les bienfaits du massage et de l’eau… Tant de domaine qui en font aujourd’hui une sainte pleinement d’actualité dont le message s’étend plus loin que la sphère catholique. Au point d’avoir été pendant la période « New Age » très à la mode dans ces milieux. « Nous avons le désir de nous développer, car Hildegarde doit être rendue à l’Église, après avoir été la mascotte des milieux ésotériques des années 1980 », explique François Delbeke, directeur du Grenier d’épeautre, dans Famille Chrétienne.

Maison de Louis et Zélie Martin - CC BY-SA 3.0 Pierre-Yves Emile (1)

PLUS QU’UNE SIMPLE ECOLOGISTE

Car au-delà de l’aspect purement « équilibre alimentaire », les visions de la mystique Ste Hildegarde, ses textes et messages, sont un formidable appel à la conversion et à la (re)découverte du message du Christ. Et c’est bien pour cela que Benoit XVI l’a proclamé Docteur de l’Eglise en 2012 : « Voilà le signe d’une authentique expérience de l’Esprit-Saint, source de tout charisme: la personne dépositaire de dons surnaturels ne s’en vante jamais, ne les montre pas et surtout fait preuve d’une obéissance totale envers l’autorité ecclésiastique. Chaque don donné par l’Esprit-Saint est destiné, en fait, à l’édification de l’Eglise, et l’Eglise, par ses pasteurs, en reconnaît l’authenticité​ ». (Audience générale du 1er septembre 2010).

« Benoît XVI a voulu mettre en lumière l’inestimable sagesse de cette abbesse hors norme qui s’exprime surtout à travers ses trois livres de visions (Scivias, Le Livre des mérites de la vie, Le Livre des œuvres divines), explique pour Famille Chrétienne le Père Dumoulin, spécialiste de Ste HildegardeLe premier indique la voie, le second donne les moyens et le troisième montre le but : le rétablissement d’une harmonie de l’uni­vers jaillissant du plus intime de l’être humain« .

FO’M

3 septembre : St Grégoire le Grand, docteur de l’Eglise

3 septembre : St Grégoire le Grand, docteur de l’Eglise

Pape malgré lui, profond théologien

Il est, avec les Saints Ambroise, Jérôme et Augustin, l’un des quatre grands docteurs de l’Eglise. Souhaitant une vie de moine, il sera finalement pape et engagera une profonde réforme. Il fait partie des trois et uniques papes que l’on nommera Grand.

Né à Rome vers 540, il est issu d’une famille chrétienne et patricienne. Une famille sainte car deux de ses tantes, Tharsilla et AEmiliane, ainsi que sa mère, Sylvie, sont également canonisées.

Devenu haut fonctionnaire romain, il le premier magistrat de Rome. Mais, à 35 ans, il décide de se consacrer à Dieu de manière plus radicale. Grégoire transforme alors la demeure familiale en monastère dédié à Saint André. Il adopte alors un style de vie monastique. Puis, à la mort de son père, il fonde, avec l’héritage, six monastères en Sicile. Son souhait : prier et obéir.

PAPE MALGRÉ LUI

Grégoire a le profond désir de la vie monastique. Pourtant, doué et brillant, homme d’une valeur morale et intellectuelle, l’Eglise l’appel. Il ordonné diacre par le pape et il est envoyé à Constantinople comme ambassadeur. C’est là qu’il rédige sa plus importante œuvre exégétique, l’Expositio in Job. De retour à Rome fin 585, Grégoire reprend sa vie monastique. Il devient conseiller et secrétaire du pape Pélage II, souverain pontife qui décède en 590. Grégoire est alors élu pape « par l’acclamation unanime du clergé et du peuple », ce qu’il refuse mais en vain. Il est consacré pape le 3 septembre 590. C’est pour cela que l’on fête ce jour.

Maison de Louis et Zélie Martin - CC BY-SA 3.0 Pierre-Yves Emile (1)

RÉ-ÉVANGÉLISATION DE L’ANGLETERRE

Il fixe la liturgie, réforme la discipline ecclésiastique, propage l’ordre bénédictin, envoie des missionnaires en Angleterre. C’est également un pape apprécié et respecté en Orient, auteur prolifique, notamment des « Dialogues », principale source sur la vie de St Benoît. Il instaure une réforme administrative importante à l’avantage des populations rurales, la restructuration du patrimoine des églises d’Occident, et, en cette période d’invasion et d’épidémie de peste, il parvient à instaurer un revenu régulier et des ressources abondantes pour la papauté, devenant alors une des premières puissances financières d’Occident.

Enfin, moine à ses débuts, il reste attaché à la vie monastique et donne à cette dernière une place importante dans l’action pontificale notamment en fondant de nouveaux monastères. Comme indiqué plus haut, la Grande Bretagne est au cœur du travail papale pour la restauration du christianisme. C’est ainsi que Grégoire enverra le futur Saint Augustin de Cantorbéry avec quarante moines en Angleterre. Il utilise les sites de cultures païennes pour évangéliser. Ainsi, dans un courrier on peut lire ces mots : « Les temples abritant les idoles dudit pays ne seront pas détruits ; seules les idoles se trouvant à l’intérieur le seront […]. Si lesdits temples sont en bon état, il conviendra de remplacer le culte des démons par le service du vrai Dieu ». Une technique pleine de tact et de raison.

Il continue de vivre une vie austère. Il meurt le 12 mars 604.

Anecdote : le chant grégorien qui porte son nom ne lui doit rien directement. Cette attribution est la conséquence d’une légende hagiographique racontant comment il composa les propres de la messe.

POSTÉRITÉ

Grégoire est considéré comme un grand penseur spirituel et théologien. Le pape Benoît XVI dira de lui : « Grégoire estimait que « le chrétien doit tirer de l’Écriture plus une nourriture quotidienne pour son âme que des connaissances théoriques… Il insistait sur cette fonction de la Bible car ne s’y intéresser que pour un personnel désir de connaissance veut dire céder à la tentation de l’orgueil » ».

Grégoire 1er est déclaré saint 50 ans après sa mort lorsque ses restes furent transférés sous un autel, qui lui fut dédié, à l’intérieur de la basilique St Pierre de Rome.

12 juillet : Saints Louis & Zélie, premier couple canonisé

12 juillet : Saints Louis & Zélie, premier couple canonisé

« Le bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du ciel que de la terre » a écrit Sainte Thérèse

Premier couple canonisé ensemble, les époux Louis et Zélie Martin sont les parents de Sainte Thérèse de Lisieux et, à l’heure où nous écrivons ces lignes, de la Vénérable Léonie Martin. Une famille qui brille par sa simplicité, sa piété et sa charité.

Louis et Zélie se destinent l’un et l’autre à la vie religieuse. Lui au Grand St Bernard, elle chez les sœurs de St Vincent de Paul. Mais chacun sera éconduit dans sa démarche. Traversant le pont St Léonard qui enjambe la Sarthe qui coule à Alençon, ils se croisent et Zélie entend une voix intérieure qui lui dit : « C’est l’homme que j’ai préparé pour toi ». A cette époque Louis a 35 ans et Zélie 27 ans. Quelques mois plus tard ils se marient dans l’intimité, à minuit, à l’église Notre-Dame. C’est la coutume à l’époque. Louis offre alors à Zélie une médaille d’argent où sont gravées les figures de Sara et Tobie. Un gage d’affection et d’amour.

UNE VIE CONJUGALE FÉCONDE ET PIEUSE

Le début de leur vie conjugale va être marqué par la continence. Leurs espérances de vie religieuse marquent encore leur quotidien. Zélie écrira dans une lettre à sa fille Pauline au sujet de sa visite à sa sœur Marie-Dosithée, religieuse : « J’ai été la voir pour la première fois à son monastère le jour de mon mariage ; je puis dire que j’ai pleuré ce jour‑là toutes mes larmes, plus que je n’avais jamais pleuré dans ma vie, et plus que je ne pleurerai jamais ; cette pauvre soeur ne savait comment me consoler. Je n’avais pourtant pas de chagrin de la voir là, non, au contraire, mais j’aurais voulu y être aussi ; je comparais ma vie à la sienne et les larmes redoublaient ». Louis accepte et propose à Zélie de vivre comme frère et sœur.

Pourtant quelques mois plus tard, Zélie tombe enceinte de Marie. Suivront Pauline, Léonie, Hélène, Joseph, Jean-Baptiste, Céline, Mélanie-Thérèse et Thérèse. Sur les 9 enfants, 4 décèderont en bas-âge. Et les 5 filles deviendront religieuses, quatre au Carmel et une à la Visitation. La prière est au coeur de la vie du couple et de la famille.

Maison de Louis et Zélie Martin - CC BY-SA 3.0 Pierre-Yves Emile (1)

LA PRIÈRE AU COEUR DE LA VIE DE FAMILLE

Une vie de famille où règne l’Amour de Dieu et du prochain. Le travail du couple dans la dentelle (Louis, horloger, avait abandonné son métier pour se consacrer à la boutique et l’entreprise de sa femme) met la famille hors du besoin.

Une vie aisée, parmi sans doute l’une des plus grandes fortunes de la ville d’Alençon. Pour autant rien n’y parait. Car le couple et leurs enfants ne vivent pas dans l’opulence.

Les parents enseignent aux enfants à prier, à aider les plus démunies, à vivre au quotidien l’humilité. Céline, l’avant-dernière fille de la famille, sœur Geneviève de la Sainte-Face dans la vie religieuse, dira « l’éducation avait comme principal levier la piété. Il y avait toute une liturgie du foyer : prière du soir en famille, mois de Marie, offices du dimanche, lectures pieuses de la veillée. Ma mère me prenait sur ses genoux pour m’aider à préparer mes confessions, et c’était justement à la confiance de ses filles qu’elle faisait toujours appel ».

UN COUPLE EN EXEMPLE

 

Le 26 mars 1994, le pape Jean-Paul II proclamait les vertus héroïques de Louis et Zélie Martin, et il les déclarait Vénérables. C’est la première étape de leur procès en vue de la canonisation. Le 19 octobre 2008 ils sont proclamés Bienheureux à Lisieux suite à la reconnaissance par le Pape Benoit XVI, d’un premier miracle. Enfin en 2015, le Pape François ordonne la promulgation du décret reconnaissant un deuxième miracle et le 18 octobre de la même année, le couple est canonisé à Rome.

Les époux Martin sont à la fois des exemples pour les célibataires, pour les couples et pour les familles. Pour les célibataires, ils invitent à ne pas désespérer. Ils se sont rencontrés tardivement pour l’époque, après un long temps de discernement. Zélie priant pour celui qu’elle était appelée à rencontrer est un bel exemple.

Pour les couples, leur amour fidèle et leur soutien mutuel dans les difficultés (enfants décédés, maladie de Zélie) est un exemple à suivre. Ensemble ils vivent une foi profonde et les rendent attentifs aux plus fragiles.

Enfin pour les familles, les époux Martin sont un modèle dans bien des aspects. L’attention des parents à chacun des enfants du couple, la participation de Louis à l’éducation, la transmission de la foi. La sainteté du couple dans l’ordinaire de la vie quotidienne aura une profonde influence sur l’ensemble de la fratrie.

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