Une écologie respectueuse de l’Homme

A l’heure où l’urgence écologique se fait chaque jour grandissante, les évêques de France, réunis en assemblée plénière à Lourdes début novembre 2019, ont consacré presque deux jours à ce sujet. L’écologie intégrale, respectueuse de l’Homme, est revenue depuis dans chacune des assemblées plénières des évêques. 

POUR UNE ÉCOLOGIE INTÉGRALE

Pour l’Eglise, tant au plan national que diocésain, il s’agit de poursuivre le travail de réflexion commencé à Lourdes en 2019. Selon Mgr de Moulins-Beaufort, en attendant des décisions structurelles, deux axes se dégagent : un soutien au monde agricole, grâce notamment au rassemblement national « Terres d’espérance », (prévu en avril 2020 mais repoussé en raison de la crise du Covid 19) qui veut contribuer à un renouvellement de la vie du monde rural. Mais aussi un questionnement devant les défis du monde actuel. Comment servir la paix et la justice ? « D’où viendront les forces pour relancer un monde où tous pourraient vivre de manière juste ? », s’interroge Mgr de Moulins-Beaufort. « L’avènement du numérique ne suffit visiblement pas. Nous pouvons offrir des expériences de fraternité qui apportent plus de joie que toutes les richesses, nous le savons bien. Toute famille chrétienne, tout fidèle engagé dans sa paroisse ou dans un mouvement le sait bien. La transformation des rapports pastoraux que nous avons à vivre doit permettre de faire de cette expérience fraternelle le cœur de l’expérience chrétienne ». L’Eglise montre ainsi la voie et des fidèles s’engagent dans cet élan, comme par exemple avec le label « Eglise verte ».

Les évêques ont aussi fortement insisté sur l’écologie intégrale, respectueuse de l’Homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, gardien de la Création. Interrogé sur RCF Vendée sur cette notion, Mgr François Jacolin explique : « L’écologie intégrale concerne toutes les dimensions de l’univers mais aussi de l’humanité. C’est peut-être plus explicite de parler d’écologie humaine, c’est-à-dire que l’homme lui-même est impliqué, on n’est pas simplement en face de la nature pour la protéger, mais on est directement impliqué dans cette démarche écologique ».

HOMME ET NATURE : IL NE S’AGIT PAS D’OPPOSER LES DEUX

L’évêque de Luçon ajoute : « Il y a une certaine contradiction dans notre société qui est très sensible, au moins pour une grande part, à ces questions écologiques concernant le climat, les végétaux, les animaux, mais qui a du mal à intégrer ce que cela implique aussi pour l’homme. L’homme est fragile et on s’interdit des choses sur la nature ou sur les animaux, que l’on se permet sur l’homme. Je pense évidemment aux lois de bioéthiques qui permettent des manipulations que l’on s’interdit sur la nature. Mais l’homme fait partie de la nature et c’est là un sujet de contradiction. Il ne s’agit pas d’opposer les deux, mais justement de les intégrer. Le terme de l’écologie intégrale, la défense de la nature, de la planète, c’est aussi une certaine conception de l’homme et de la femme, pour le bien de l’humanité, pour le bien de toute la création. Ne pas dépasser une certaine limite dans la manipulation chimique de l’homme dans la manipulation de sa reproduction. Je crois que cela va justement contre une saine écologie, une écologie humaine, une écologie intégrale ».

Mgr de Moulins-Beaufort a aussi souligné les inquiétudes de l’Eglise sur les projets de bioéthique en France : « Au moment où l’on remet en question la technicisation de l’agriculture et même des transports, comment peut-on croire et pourquoi veut-on faire croire qu’il serait équivalent qu’un enfant soit conçu dans l’union corporelle d’un homme et d’une femme qui ont choisi de se donner l’un à l’autre et de créer un foyer où le monde est un peu apaisé ou dans une éprouvette, au prix d’opérations de haute technicité, toujours risquées et au prix de l’élargissement constant des conditions d’expérimentations sur des embryons qui sont des « petits d’hommes » ? ». Le président des évêques de France appelle de ses vœux une prise de conscience sur ces sujets liés à la vie« Peut-être l’émerveillement devant la nature et le respect des liaisons qui la constituent peuvent-ils être un chemin pour que nos contemporains découvrent la beauté de leur corps et de leur être et en acceptent les limites joyeusement, tout en les transcendant dans le service mutuel et la fraternité. L’écologie intégrale concerne l’être humain, à qui il est donné de voir le cosmos comme un tout afin qu’il en soit le gardien »

Anne Detter-Leveugle (Extraits du dossier de Catholiques en Vendée N°182 – Décembre 2019)

Share This