Si les Mages revenaient

Il manquerait quelque chose d’indispensable au mystère de Noël sans sa dimension globale dans la fête de l’Épiphanie. Elle inaugure la mission planétaire de Jésus et de l’Église. Ce récit, au début de l’Évangile de Matthieu, trouve en effet sa mission dans les dernières lignes : « Allez, de toutes les nations faites des disciples ! ». C’est à la Pentecôte que l’Eglise naissante a vraiment compris, dans la lumière de l’Esprit, la vocation universelle de l’Évangile.

Le christianisme n’est pas du tout circonscrit à la culture orientale ou occidentale, et il ne l’a jamais été de fait. L’Épiphanie rappelle à l’Église sa catholicité, c’est-à-dire sa destination à l’ensemble de l’humanité. Elle indique une voie d’ouverture et d’accueil aux chercheurs de sens et de vie des « péri­phéries existentielles ».

Si les Mages revenaient aujourd’hui !… Mais ils ne cessent pas d’arriver dans nos villes et nos églises avec leurs étrangetés, leurs cultures, leurs recherches, guidés par de mystérieuses « étoiles » que Dieu allume au firmament de leur vie. Ils ont les traits d’un jeune couple, à la foi incertaine, et qui pourtant demande le baptême d’un bébé… On peut les reconnaître dans les jeunes qui se présentent pour leur mariage à l’église, avec une foi qui est plus un point d’interrogation qu’une conviction… C’est cet homme qui se dit incroyant et qui demande pourtant la prière pour son épouse défunte…Ce sont aussi les malades, les personnes âgées ou isolées, les exclus, les déprimés, les étrangers en quête d’asile, qui cherchent un Sauveur !… Saurons-nous les accueillir, les guider, les accompagner ? Il faut que nous ayons d’abord nous-mêmes trouvé le Christ !

La fête de l’Épiphanie est bienvenue et don. « Ne rentrez pas chez vous comme avant ! » chantons-nous parfois. Puisse la célébration de cette fête nous faire revenir chez nous « par un autre chemin », celui de l’accueil et du partage, comme le suggèrent les présents des Mages et, plus prosaïquement il est vrai, « la galette des rois » répartie en convivialité.

Père Joseph Proux

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