Peut-on déterminer leurs « grandeurs » ?

Les mots « grands » et « petits », termes de mesure humaine, ne peuvent s’appliquer à la sainteté. La sainteté est action, travail, efforts.

Bien sûr, on peut toujours dire, par admiration, qu’un saint Augustin, un François d’Assise, une Thérèse d’Avila ou une Thérèse de Lisieux sont de « grands » saints, comme on parle d’un « grand » frère. Car ils sont nos frères et sœurs. En effet, avec la vie du Christ et l’entrée dans la famille de Dieu, nous avons reçu, à notre baptême, la même sainteté, laquelle est d’abord un cadeau. De ce cadeau, chacun fait ensuite ce qu’il veut (ce qu’il peut). Si nous avons de « petits » frères et sœurs – au sens de plus jeune, moins expérimenté, plus faible peut-être –  nous savons qu’il faut veiller sur eux. Rien de pire que les « petits » saints, petits singes qui miment la sainteté !

« Saint, saint, saint, le Seigneur, le tout-puissant, sa gloire remplit toute la terre » (Isaïe 6,3). Dans tout l’Ancien Testament, Dieu seul est « saint ». Il est séparé du monde des humains, il est le Tout-autre absolu – on ne peut l’atteindre, le voir, le toucher – et pourtant jamais il ne se désintéresse de ce monde  qu’il a créé. Sa sainteté (son identité) exige qu’il s’intéresse à toute détresse. Toujours il porte attention au peuple qu’il a choisi, pécheur sur la terre du lait et du miel ou perdu quand il est en terre d’exil : « Je suis le Seigneur, votre Saint, celui qui a créé Israël, votre Roi » (Isaïe 43,15).

Or, Dieu, si loin, si proche, a un refrain : « Soyez saints, car je suis saint, moi, le Seigneur, votre Dieu » (Lévitique 19).  À lire de près ces paroles étonnantes, il y va du respect de la nature et surtout, surtout, du respect des plus faibles, des plus méprisés : à l’époque, il s’agit des pauvres, des immigrés, des femmes, des anciens. La sainteté éclate en particulier dans ce précepte : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19,18).

 

Alors se pose une question : devons-nous être saints comme Dieu est saint ou bien parce qu‘il est saint ? L’un et l’autre sans doute puisque nous sommes créés à son image (Genèse 1,26-27). Et c’est à chaque fois le salut divin qui advient dans l’histoire humaine, la liste de Lévitique 19 se terminant par « Je suis le Seigneur votre Dieu qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte » (v. 36). La sainteté n’a que faire des ors et des encens, elle est action, travail, efforts… Dieu a tant travaillé pour nous libérer !

« Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » » (Marc 1,23-24). Par lui, avec lui et en lui, nous sommes tous saints !

 

Par l’abbé Gérard Billon

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