« Le sanctuaire de Lourdes est un bijou de l’Eglise de France ! »

Dans le cadre de l’Année Mariale, à l’occasion des 150 ans du pèlerinage vendéen à Lourdes, le diocèse de Luçon a eu la joie d’accueillir le Père Horacio Brito, au moment de la fête de l’Immaculée Conception. Actuellement aumônier de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes, le Père Brito a rencontré, pendant plusieurs jours, de nombreux Vendéens, prêtres, diacres, religieux, acteurs engagés dans la pastorale, laïcs. Des temps d’échanges et d’enseignements passionnants pour approfondir le message de Lourdes à la lumière de l’Evangile.

Le père Horacio Brito s’adressant aux membres des services de la Maison du diocèse à La Roche-sur-Yon

Orateur hors pair, c’est avec un charmant accent argentin et beaucoup d’enthousiasme que le Père Horacio Brito a raconté les évènements de l’apparition de la Vierge Marie à la petite Bernadette. « Le sanctuaire de Lourdes est un bijou de l’Eglise de France ! », note en préambule le Père Horacio, développant ensuite les aspects missionnaires de ce lieu béni. « Cette piété populaire, qui fait venir tant de pèlerins du monde entier pour prier Marie, nous interpelle. Elle nous renvoie à l’expérience personnelle de chaque pèlerin avec Dieu ». Le sanctuaire de Lourdes est marial, mais c’est surtout le sanctuaire de l’Immaculée. « Que soy era Immaculada Councepciou », se présente ainsi la Vierge Marie à Bernadette le 25 mars 1858. « Lorsque Bernadette évoque ce nom que lui a dit la Vierge, elle ne parle pas d’un dogme. Elle parle d’une personne qui la regarde et qui l’aime », précise le Père Brito. « Lorsque Marie nous dit : « Je suis l’Immaculée Conception », elle révèle notre nature profonde et nous dit : « Je suis l’être en vérité, car j’appartiens au Christ, je fais toute chose nouvelle ».

« Lourdes est aussi le seul endroit où l’on vient pour trois ou quatre jours de pèlerinage, ce qui donne à ce lieu une vraie force missionnaire. Quelle joie pour vous en Vendée de fêter les 150 ans du pèlerinage de votre diocèse à Lourdes ! ». Mais Lourdes, ce sont aussi, bien sûr, les malades et les hospitaliers. « La personne malade arrive toujours avec une personne qui se met à son service. Là aussi, quelle belle dimension missionnaire ! », souligne le Père Brito.

« Le goût de la Bonne Nouvelle se vit à Lourdes »

Qu’est-ce qui fait que ce lieu attire chaque année des milliers de pèlerins ? « Chacun de nous peut s’identifier à Bernadette, car tous nous sommes des pauvres. Lourdes est d’abord une grâce, vécue avec des signes : l’eau, la lumière, l’autel, le rocher. Lorsque Bernadette contemple la Vierge, elle contemple le fruit le plus précieux de la Rédemption : Marie, la première rachetée dans l’histoire du Salut. D’une manière anticipée, la petite Bernadette contemple les prémices de notre humanité sauvée par Dieu, comme un avant-goût du Royaume de Dieu. Cela nous dit qu’au-delà de la souffrance, des épreuves, et Dieu sait que Bernadette en a connu, une autre réalité est possible. Le goût de la Bonne Nouvelle se vit à Lourdes ! ».

Née dans une famille très pauvre de Lourdes, Bernadette Soubirous est témoin de 18 apparitions de la Vierge Marie au cours de l’année 1858. La première fois, partie à Massabielle avec sa sœur et une amie chercher du bois pour se chauffer, elle sent un coup de vent qui l’entoure. « L’Esprit Saint est là ! Il rend possible la rencontre entre deux mondes, celui des hommes et celui de Dieu ». Une dame très belle, auréolée de lumière, lui sourit alors. Une fois la peur disparue, Bernadette récite son chapelet : « Avec Marie, elle fait ainsi mémoire de la vie du Christ. Aux pieds de la Croix, Marie est là, elle nous montre ce qui est le cœur de notre foi, « le kerygme ». Marie nous accompagne, elle est au service de l’Alliance ».

Le père Horacio Brito à la rencontre des prêtres du diocèse

Le père Horacio Brito lors de sa conférence donnée au grand public dans l’amphithéâtre de l’ICES.

La conférence est visible en replay sur la chaîne Youtube du diocèse.

Puiser à la Source

Comment la vie de Bernadette a-t-elle été transformée par cette rencontre ? « Il y a quatre fruits à noter suite à cette première apparition du 11 février 1858 :  bouleversée, elle ne manque cependant pas de venir aider sa sœur à remonter le bois : c’est la charité et le service. Elle témoigne auprès des siens de ce qu’elle a vu : c’est la dimension missionnaire. Puis, le soir, dans son cachot, elle se met en prière avec sa famille et pleure en récitant le « Je vous salue Marie », qui la renvoie à la rencontre du matin à la grotte. Elle passe ainsi d’une prière dite « par habitude » à une prière personnelle. Enfin, elle va rencontrer un prêtre et se confesse pour la première fois de sa vie. Elle a été touchée par cette lumière qui éclaire et lui permet de voir et dissiper les ténèbres. Elle trouve la lumière dans la vie ecclésiale et sacramentelle », indique le Père Brito. « Ainsi, Bernadette a fait le premier pèlerinage ! ».

Au cours des apparitions qui ont suivi, Bernadette fait trois gestes « car la Dame (lui) a demandé ». Elle se met à genoux et embrasse le sol immonde de la grotte, elle arrache les herbes et les mange et se barbouille le visage. Ces trois gestes rappellent l’abaissement du Christ, le péché vaincu, et le serviteur défiguré montant au calvaire. Ils désencombrent et libèrent la grotte, pour révéler un trésor immense. « Marie montre la source d’eau limpide qui jaillit, le Cœur de Jésus qui est la source de tout amour et de la miséricorde. De Son cœur, jaillissent du sang et de l’eau. C’est là le cœur de l’Eglise. La grotte, c’est chacun de nous, car tous nous sommes le temple de l’Esprit. La source est en nous, comme la charité est en nous et nous unit, nous invitant à vivre la communion ». Puis, quand Marie demande à Bernadette d’aller dire aux prêtres de lui faire ériger une chapelle, elle s’adresse aux ministres ordonnés de Son Fils. « Le ministre ordonné est au service du sacerdoce baptismal pour bâtir l’Eglise, par la Parole du Christ et Ses sacrements », souligne le Père Brito. « Elle se présente toujours comme la servante du Seigneur, en lien avec Son Fils, le serviteur des serviteurs ».

A la suite de la Vierge, au cours de cette Année Mariale, comme tout au long de son pèlerinage terrestre vers la Cité du Ciel, chacun est invité à vivre en union avec le Christ.

ADL

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