Parents – enfants, l’urgence de parler de l’amour

Parents – enfants, l’urgence de parler de l’amour

« L’enfant ne peut pas grandir, s’il n’est pas planté dans l’amour » 

Aujourd’hui, les jeunes savent beaucoup de choses sur la sexualité. Ils évoluent dans une civilisation de l’image où la pornographie est présente sur de nombreux supports dont l’accès est facilité par internet. Les parents ont un rôle important à jouer pour leur parler du véritable amour, celui qui fait grandir dans le respect de soi et d’autrui.

« Il est temps que les pères et les mères reviennent de leur exil ! »

Pape François, 20 mai 2015.

« Il faut réapproprier la mission des parents, face à leurs enfants, sur la question de l’éducation sexuelle, sans heurter leur sensibilité » développe Inès Pellissié du Rausas* dans l’exposé concret qu’elle a donné à des parents visiblement à l’écoute et désireux de vivre pleinement leur mission éducative. Aujourd’hui, parler d’amour peut paraître délicat. Une chose complexe due à l’évolution des mœurs et des nouveaux comportements transgressifs d’enfants de plus en plus jeunes. Cela nécessite davantage d’écoute, d’accessibilité et de délicatesse de la part des parents.

Face aux contenus glauques, violents et pornographiques accessibles par le biais d’Internet et des interfaces médiatiques, il est impératif de parler aux enfants d’une sexualité humaine, respectueuse de chacun car « un enfant averti saura situer comme sale ce qui est sale, et il sera moins abîmé » explique la conférencière.

« Ces moments où les parents parlent d’intimité avec leurs enfants sont des moments qui font grandir la relation». Il est donc nécessaire que les parents instaurent un dialogue avec leurs jeunes adolescents pour leur donner des outils qui les aident à découvrir la beauté de leur corps fait pour aimer,  dans leur masculinité ou leur féminité.

La préadolescence, une période propice au dialogue

« Jusqu’à la puberté, un enfant est un enfant ! » martèle Inès Pellissié du Rausas en rappelant la confusion anthropologique qui transfère le monde de l’adolescence, vers un âge plus jeune encore, celui de la préadolescence. Or, l’enfant n’est pas encore entré dans sa puberté, il est dans cette « période de latence qu’est l’enfance », il grandit moins vite et devient plus raisonnable, plus autonome. La pudeur apparait souvent dans cette phase de la vie, qui le prépare à son adolescence et aux changements que son corps va connaître. Il pose alors un sens interdit sur la porte de sa  chambre ou impose d’être seul dans la salle de bain, il tient, par de petits gestes, à affirmer son autonomie. « Cette pudeur est saine et profondément humaine » nous rappelle la philosophe, et elle peut être la porte ouverte au dialogue sur le sens du corps, de la vie et de l’amour.

La complémentarité des parents est nécessaire dans l’éducation, tout comme dans la relation affective avec l’enfant. Celui-ci, pour savoir ce qu’est l’amour, a besoin de le recevoir selon le mode paternel et le mode maternel d’aimer. Son père lui apporte, dans sa relation filiale, l’estime de soi et sa mère, la confiance en soi.

Mais comment dialoguer ? Quelle distance doit-on mettre dans sa relation avec l’enfant ? Les questions sont nombreuses et Inès Pelissié du Rausas nous éclaire en nous appelant à la juste mesure, si bien exprimée dans le Petit Prince de Saint Exupéry, avec l’apprivoisement du renard. Etre trop sévère engendre souvent la peur qui, elle-même, donne raison au mensonge. Par ailleurs, le copinage n’a pas fait ses preuves car les parents ne sont plus des enfants et ne peuvent jouer ce rôle sans conséquence. Il faut donc éduquer à l’amour dans une relation juste, en favorisant le cœur à cœur, dans un apprivoisement patient et régulier.

« Notre génération n’a nul besoin de recevoir davantage d’informations sexuelles : nous sommes arrivés à saturation. »

Thérèse Hargot, sexologue

Mieux vaux parler trop tôt … que trop tard !

L’éducation affective et sexuelle ne commence pas à l’approche de la puberté, elle fait partie intégrante du mode éducatif de la vie familiale dès le plus jeune âge. Dans les gestes concrets de la vie quotidienne, les parents apprennent déjà à l’enfant le respect de son corps et du corps de l’autre. « C’est  tout petit déjà, que l’enfant apprivoise la dimension charnelle de son existence et comprend comment elle lui permet d’entrer en relation avec l’autre, comment elle lui permet de recevoir et d’exprimer son affection. » écrit la sexologue Thérèse Hargot ¹.

Par ailleurs, il parait important d’évoquer cette adolescence sans la présenter comme une période de crise mais comme l’émergence d’une nouvelle étape de vie. L’enfant doit prendre conscience qu’il se prépare à sa vie d’adulte, qu’il pose des actes responsables et constructifs qui l’aideront à devenir ce qu’il est au plus intime de lui-même.

Beaucoup de parents n’osent pas évoquer le sujet de la sexualité avec leurs enfants. Il semble paraître difficile de leur parler trop tôt, de peur de leur donner des idées, et quand arrive la période de l’adolescence, le jeune est moins propice aux échanges, il est alors plus difficile de trouver le moment opportun et ils semblent par ailleurs déjà bien informés. Mais l’initiation sexuelle assurée par les amis ou par les médias se révèle très lacunaire et déstructurante.

Pour Pierre et Denise Stagnara, fondateurs de l’association Sésame qui propose une éducation affective et sexuelle en milieu scolaire, « mieux vaut deux ans trop tôt qu’un an trop tard» ! En effet, il semble préférable que l’enfant ait été préparé à ce sujet dans le contexte familial avant de le découvrir par lui-même dans son environnement scolaire ou périscolaire. L’accès illimité à internet sur les téléphones portables favorise l’émergence d’échanges d’informations à caractères pornographiques dans les milieux scolaires. L’enfant a besoin d’être armé face à cette profusion d’images qui envahit l’espace médiatique et transmet une fausse réalité de la relation d’amour. Il serait regrettable et déstabilisant pour l’enfant que la pornographie, ou sa prévention, soit une porte d’entrée sur sa sexualité.

¹ Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque), Editions Albin Michel.

Déjouer les pièges contre l’amour

Dans notre société où l’homosexualité apparaît comme davantage présente et où l’identité sexuelle prend une place considérable chez les jeunes, il existe une grande confusion entre l’homophilie et l’homosexualité. Dès le collège, dans les cours de récréation, fusent les questions identitaires « t’es homo ou hétéro » quand ce n’est pas « t’es bi ? » à en croire Thérèse Hargot, sexologue intervenante en milieu scolaire. Beaucoup d’adolescents se demandent si la relation d’amitié privilégiée avec leur meilleur ami, n’est pas une relation naissante homosexuelle. Entre l’amour et l’amitié, la nuance est parfois difficile à mesurer chez les jeunes en quête de repères. Pour Inès Pellissié du Rausas, l’homophilie rassure, la présence d’un ami intime de même sexe est positive et constructive mais elle « peut s’apparenter à une homosexualité si l’on n’aide pas l’enfant à comprendre ce qu’il vit ».

Par ailleurs, l’image d’une sexualité faussée par la pornographie entraine une sexualité en termes de performance et non en termes de relation et de don de soi. Il est utile de donner aux jeunes les repères nécessaires afin qu’aucune confusion ne se fasse entre le fait de ressentir une émotion, une pulsion et le fait d’y consentir.

Dans notre société de consommation, ne pas céder à toutes ses envies, sous peine de courir le risque d’en être esclave, nécessite un réel apprentissage.  Il est primordial, dans un souci réel d’éducation d’apprendre aux jeunes que le pilote de nos actions est notre volonté, ce qui nous différencie du monde animal. L’amour se vit dans le monde des personnes, l’amour est une relation et nous ne sommes pas des animaux. « Nous avons l’intelligence pour connaître, la volonté pour choisir et le cœur pour aimer. Nous sommes appelés à aimer en nous regardant, car le regard est plein d’amour, il n’est pas régi par l’instinct mais par notre cœur et notre intelligence » nous rappelle la conférencière. 

De la même manière, elle nous invite à soigner l’utilisation de notre langage, outre le fait qu’il est important d’utiliser un langage chaste et respectueux, il est essentiel d’être attentif aux expressions véhiculées à tort par les médias comme « Ton corps est à toi … ». Si mon corps est à moi, c’est que je peux me séparer de mon corps et le récupérer, nous sommes dans un rapport de possession. Or, l’expression juste qu’il serait bon d’utiliser est « Ton corps c’est toi ». Cette phrase appelle d’ailleurs à davantage de respect, puisqu’elle définit l’unité de ce que nous sommes, sans dissocier notre corps de notre âme et de notre esprit.  Loin d’être anodine, une expérience sexuelle n’est pas sans conséquence. Elle ne marque pas seulement le corps, mais bien la personne toute entière. C’est pour cela que l’enseignement de l’Eglise promeut la chasteté avant le sacrement du mariage. « Les fiancés sont appelés à vivre la chasteté dans la continence. Ils verront dans cette mise à l’épreuve une découverte du respect mutuel, un apprentissage de la fidélité et de l’espérance de se recevoir l’un et l’autre de Dieu. Ils réserveront au temps du mariage les manifestations de tendresse spécifiques de l’amour conjugal. Ils s’aideront mutuellement à grandir dans la chasteté.» (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2350)

Inès Pelissié du Rausas propose un exercice aux parents de préadolescents : « Essayez de prévoir un moment seul à seul avec votre enfant, un temps gratuit, en le rejoignant sur son terrain. Vous créerez alors cette complicité nécessaire à l’éducation de l’amour. ».

En conclusion, il n’est pas nécessaire d’obtenir un diplôme en sexologie pour éduquer les enfants, il faut simplement les aimer, à l’instar de Saint Joseph avec discrétion, humilité, dans le silence, la prévenance et la tendresse, comme nous le rappelle le Pape François dans son homélie du 19 mars 2013.

Adeline Dougados – article paru dans Catholiques en Vendée N°141 – Mars 2016

* Inès Pellissié du Rausas est docteur en philosophie et mère de 5 enfants. Spécialiste de la première éducation affective et sexuelle, elle est professeur au sein de l’Institut de théologie du corps. Elle est intervenue lors d’une conférence Eglise et Société à l’ICES le 2 février 2016, sur le thème « S’il te plaît, parle-moi de l’amour ? ». Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.

Peut-on aimer tout le monde ?

Peut-on aimer tout le monde ?

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». 

Comment aimer tout le monde ? Comment aimer simplement son prochain ? Et pourquoi ? Le père Proux répond à ces questions.

Précisons d’abord le contexte de la parole évangélique. Jésus est interrogé par un scribe : « Quel est le plus grand commandement de la loi de Moïse ? » Il répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… » « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Jésus cite non pas un mais deux préceptes de l’Ancien Testament qui résument « toute la Loi et les prophètes ». Ils sont « semblables » en importance, dit-il, donc pas interchangeables, pas l’un sans l’autre. C’est bien, et déjà pas facile !

Aimer « comme soi-même » signifie « comme on le voudrait pour soi ». Mais la Bonne Nouvelle va beaucoup plus loin. Lorsque Jésus proclame sa loi, il donne à l’amour chrétien une autre dimension : « On vous a dit… Moi je vous dis » ! Et que nous dit-il ? « Aimez vos ennemis ; priez pour ceux qui vous persécutent, pour être les fils de votre Père… car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants ». « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». Nous sommes ici au cœur de cette année jubilaire.

La barre est haute, direz-vous, mais elle l’est encore plus quand Jésus l’élève au niveau du don de sa vie : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! » Tel est « son commandement », label d’authenticité pour ses disciples.

Oui, c’est vrai, « il y a des gens que nous n’arrivons pas à aimer ! » Nous ne sommes pas à la hauteur de ce commandement. Nous aurions même envie de dire : « Jésus, c’est trop ! ». Pourtant, sa parole est un chemin de paix et de bonheur pour nous et pour notre terre déchirée par la violence et les conflits.

Pourquoi est-ce si difficile d’aimer certaines personnes ? Parce qu’elles nous sont étrangères, énervantes, ennuyeuses, désagréables, d’opinions différentes ? Plus grave, parce qu’elles nous ont blessés par injustice, méchanceté ou violence ? Pensons au drame vécu par les chrétiens persécutés ! Si quelquefois les raisons du désamour sont futiles, elles peuvent parfois être insoutenables.

Et nous, sommes-nous toujours « aimables » ? Aimer selon l’évangile n’est pas d’ordre affectif, comme on aime ses parents, ses enfants, son conjoint, ses amis. Il s’agit d’un amour de bienveillance, opposé à la vengeance et à la rancune. « Vaincre le mal par le bien » écrivait Paul.

Puisqu’aimer comme le Père et comme le Christ n’est pas à notre portée, il nous faut donc tendre humblement nos mains dans la prière, pour l’autre, et aussi pour nous obtenir la grâce et la force de la bienfaisance et du pardon, malgré tout. « Rien n’est impossible à Dieu ! »

Abbé Joseph Proux

 

Chrétiens, don pour les uns et les autres

Chrétiens, don pour les uns et les autres

Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens

 « Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage » est le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2022, qui aura lieu du 18 au 25 janvier 2022.

Chaque année, le principal temps fort œcuménique demeure la « Semaine de prière pour l’unité chrétienne » qui rassemble des chrétiens de toutes confessions du 18 au 25 janvier, depuis 1908. Cette année le thème a été choisi par le Conseil des Églises du Moyen-Orient.

Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage
Mt 2, 2

Il s’agit de la parole des mages et, comme les rois mages, issus de communautés diverses, les chrétiens de différentes confessions sont appelés à prier et cheminer ensemble. Nous prions tout particulièrement en ces temps de persécutions contemporaines pour nos frères orientaux. « La pandémie mondiale de COVID-19, la crise économique qu’elle a générée, et l’échec des structures politiques, économiques et sociales à protéger les plus faibles et les plus vulnérables, ont fait ressortir que tous ont besoin d’une lumière qui brille dans les ténèbres. L’étoile qui resplendissait au Levant, au Moyen-Orient, il y a deux mille ans, nous invite encore à nous rendre auprès de la crèche, là où le Christ est né. » peut-on lire sur le site de l’Eglise Catholique en France.

Ce temps de prière et d’unité pour les Chrétiens du monde entier est « l’occasion de s’engager dans la foi pour que les barrières entre nos églises reculent, et que notre témoignage fraternel et notre élan missionnaire fasse advenir le Royaume de Dieu« .

Ste Bernadette : « Une vie toute simple et toute sainte »

Ste Bernadette : « Une vie toute simple et toute sainte »

Suivre Ste Bernadette au service des plus fragiles 

Mgr Jacolin nous accompagne pour notre émission Vie dans le diocèse. Au coeur de notre programme la venue des reliques de Ste Bernadette dans le cadre de l’Année Mariale, la reforme des paroisses en Vendée, et le Synode 2023.

Au coeur de notre émission la venue des reliques de Ste Bernadette dans le cadre de l’Année Mariale inaugurée depuis quelques mois dans le diocèse de Luçon. Si nous irons bien à Lourdes, comme Bernadette, visiter la Vierge Marie en avril et en juillet prochain, c’est la petite sainte qui vient à nous en février prochain. « Une vie toute simple et toute sainte » que Mgr Jacolin nous invite à suivre, dans le dévouement et le service aux autres.

Autre dossier sur la table : la réforme des paroisses dans le diocèse. Les nouveaux contours devraient être connus d’ici quelques mois. Il reste encore quelques ajustements précise notre évêque qui rappelle que l’essentiel est de répondre à cette objectif: « comment nous allons vivre, marcher et conduire ensemble [nos paroisses], c’est ça le grand défi !« . Mgr Jacolin qui confirme que nous aurons « dès l’an prochain de nouvelles orientations » pour vivre la mission au sein de ces nouvelles zones territoriales.

Une restructuration qui répond à la fois à l’appel du Pape François dans « La Joie de l’Evangile » sur la question de l’élan missionnaire de nos paroisses, et que l’on retrouve également dans la lettre pastorale de notre évêque parue fin 2019.

Enfin, dernier point abordé, la démarche synodale lancée depuis quelques semaines en Vendée. « Il est temps » de se lancer invite Mgr Jacolin.

Saint Hilaire, le 13 janvier

Saint Hilaire, le 13 janvier

Les saints du diocèse de luçon

Saint Hilaire,

Fêté le 13 janvier  

Saint Hilaire

Saint Hilaire a composé une célèbre prière pour demander la vraie connaissance des mystères de la foi afin de les annoncer.

Une belle prière pleine d’humilité que nous pouvons faire nôtre, afin d’expliquer en vérité, dans un monde connecté et communiquant, les trésors de la foi.

Apôtre des Gaules et grand théologien

 

Hilaire est né, entre les années 310 et 320, à Poitiers même, d’après saint Jérôme, ou dans la contrée angevine du Layon, d’après d’autres auteurs. Il a écrit de lui-même qu’il fut élevé dans l’idolâtrie et que, par degrés, Dieu l’amena à la connaissance de la vraie foi. Il se fit inscrire parmi les catéchumènes et reçut le baptême. Devenu évêque de Poitiers vers 350, il aura bientôt à prendre la défense du patriarche d’Alexandrie Athanase et de l’orthodoxie contre les ariens : ce qui lui vaut d’être exilé en Phrygie et lui donne l’occasion d’écrire, entre 356 et 359, ses douze livres sur la Trinité.

Mais les ariens obtiennent de l’empereur qu’il renvoie en Gaule celui qu’ils lui représentent comme un semeur de discorde et un perturbateur de l’Orient. L’Eglise des Gaules, écrit saint Jérôme, fait un accueil triomphal à l’évêque de Poitiers. C’est à cette époque qu’abandonnant les ouvrages polémiques, il transcrit de sa main un exemplaire des Evangiles et compose ses hymnes et ses commentaires sur les psaumes.

Au dire de saint Fortunat, Hilaire serait venu libérer l’île de la Dive, près de la pointe de l’Aiguillon, des serpents qui l’infestaient. Il est probable que son action en Bas-Poitou ne se borna pas à ce miracle et qu’il contribua activement à l’évangélisation de cette partie de son diocèse, dont neuf communes portent son nom et vingt-et-une églises l’ont choisi comme patron. Décédé à Poitiers le 13 janvier 368, Hilaire fut inhumé dans l’église des saints Jean et Paul, aujourd’hui Saint-Hilaire-le-Grand.

Affirmer la divinité du Christ

Conscient de l’ampleur de la tâche entreprise et des difficultés causées par la négation en vogue de la divinité du Christ, Saint Hilaire priait Dieu de guider son esprit et sa plume pour exprimer toute la Vérité. Sa prière contenue dans son œuvre fondamentale, le « Traité sur la Trinité » est un modèle du genre.

 

L’exil en Turquie actuelle, il le dût à sa foi intrépide au Concile de Nicée (325), contestée par beaucoup de ses confrères gagnés à la cause « arienne » et partagée par l’empereur.

 

Hilaire sut mettre à profit ce séjour forcé pour apprendre des théologiens orientaux notamment la doctrine sur le Saint-Esprit, et diffusée notamment par les « Pères Cappadociens » : Grégoire de Naziance et les deux frères Basile de Césarée et Grégoire de Nysse.

Hilaire révèle dans le texte de cette prière son humilité. Il implore l’aide de Dieu devant l’entreprise délicate : attitude foncièrement chrétienne que chacun est invité à faire sienne.

 

A l’heure où la foi est remise en cause assez largement et où certains articles du Credo sont contestés, il est bon de s’inspirer de l’attitude de Saint Hilaire : que Dieu approfondisse et affermisse la foi de notre baptême, la rende plus précise et plus enthousiaste !

 

Que Saint Hilaire nous communique son zèle pour faire connaître « l’insondable richesse du Mystère du Verbe incarné » !

 

Qu’il nous stimule à témoigner de son Amour par nos cœurs et nos mains !

Hilaire

La prière de Saint Hilaire de Poitiers

 

Père, Dieu tout-puissant, j’ai bien conscience que c’est à Toi que je dois consacrer l’occupation principale de ma vie. Que toutes mes paroles et mes pensées s’entretiennent de Toi ! Car ce don de la parole que Tu m’as accordé ne peut pas me rapporter un plus grand bienfait que celui-ci : Te servir par la prédication et montrer qui Tu es. Tu es le Père, celui du Fils unique de Dieu.

Je dois le montrer soit au monde qui l’ignore, soit à l’hérétique qui le refuse. Ma volonté n’a pas d’autre raison d’être ; du reste, je dois implorer la grâce de ton assistance et de ta miséricorde, pour que tu gonfles du souffle de ton Esprit les voiles déployées pour toi par notre profession de foi et que tu nous pousses dans cette course de la prédication.

Car il n’est pas infidèle à sa promesse, Celui qui a dit : « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira « (Luc 11, 9).

« La foi nous soulève au-dessus de notre capacité naturelle de connaître »1

Étant pauvres, nous demanderons ce dont nous sommes dépourvus ; nous fournirons un effort acharné pour scruter la parole de tes prophètes et de tes Apôtres, nous frapperons à tous les accès d’une compréhension qui nous est fermée. Mais c’est à Toi d’exaucer la demande, d’accorder ce qu’on cherche, d’ouvrir la porte fermée.

Nous vivons en effet dans une sorte de torpeur, à cause de notre engourdissement naturel et nous sommes empêchés de comprendre tes mystères par une ignorance invincible due à la faiblesse de notre esprit. Mais le zèle pour ton enseignement fortifie notre perception de la science divine, et l’obéissance de la foi nous soulève au-dessus de notre capacité naturelle de connaître. Nous espérons donc que Tu stimuleras les débuts difficiles de cette entreprise, que Tu la fortifieras par une réussite croissante, que Tu l’appelleras à partager l’esprit des prophètes et des Apôtres ; nous voudrions comprendre leurs paroles dans le sens où ils les ont prononcées et employer des termes exacts pour rendre fidèlement les réalités qu’ils ont exprimées.

Qu’il nous stimule à témoigner de son Amour par nos cœurs et nos mains !

« Ce que nous croyons, accorde-nous de l’affirmer aussi »

De fait, nous allons parler de ce qu’ils ont proclamé dans le mystère : Toi, Dieu éternel, Père du Fils qui est éternellement Dieu ; Toi, l’unique à n’avoir pas eu de naissance, et l’unique Seigneur, Jésus-Christ, né de Toi par une naissance éternelle ; il ne faut pas en faire un dieu de plus, à cause d’une diversité qui est réelle ; on ne doit pas dire non plus qu’il n’est pas engendré de Toi, qui es le seul Dieu ; et il ne faut pas professer qu’il est autre chose que le vrai Dieu, lui qui est né de Toi, le Père, qui es vrai Dieu.

Accorde-nous donc le sens exact des mots, la lumière de l’intelligence, la noblesse du langage, l’orthodoxie de la foi ; ce que nous croyons, accorde-nous de l’affirmer aussi. C’est-à-dire, puisque nous connaissons par les prophètes et les Apôtres un seul Dieu, Toi, le Père, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, qu’il nous soit donné aujourd’hui, contre les hérétiques négateurs, de Te célébrer comme étant Dieu, mais non un Dieu solitaire, et de prêcher ce Dieu sans commettre d’erreur. Amen ».2

« Que je reste toujours fidèle à ce que j’ai professé »

« Fais, ô Seigneur que je reste toujours fidèle à ce que j’ai professé dans le symbole de ma régénération, lorsque j’ai été baptisé dans le Père, dans le Fils et dans l’Esprit Saint. Fais que je t’adore, notre Père, et en même temps que toi, que j’adore ton Fils; fais que je mérite ton Esprit Saint, qui procède de toi à travers ton Fils unique. Amen. ».3

Chanoine Christian Daleau avec Grégoire Moreau

1 – Les intertitres ne font partie de la prière, ils sont de la rédaction.

2 – Hilaire de Poitiers, Traité sur la Trinité, PL 10, 48-49

3 – Idem, 12, 57

 

Hilaire
Voeux 2022 de Mgr Jacolin : « Jésus nous a donné le secret du bonheur ! »

Voeux 2022 de Mgr Jacolin : « Jésus nous a donné le secret du bonheur ! »

« C’est mettre Dieu à la première place dans nos vies »

A l’occasion de cette nouvelle année, Mgr Jacolin adresse ses vœux aux Vendéens. « Jésus nous a donné le secret du bonheur ! » explique t’il en s’appuyant sur la première des Béatitudes : « Heureux les pauvres de cœur ».

Découvrez les voeux de Mgr Jacolin en vidéo

LA PREMIÈRE DES BÉATITUDES

« Il nous a dit : « Heureux ! » « Heureux ceux qui ont un coeur de pauvre » et toutes les Béatitudes qui en découlent, mais dont la source, c’est bien cette première béatitude. » A l’occasion de cette nouvelle année, Mgr Jacolin adresse ses vœux aux Vendéens et nous rappelle que « Jésus nous a donné le secret du bonheur ! » en cette première Béatitude.

C’est une « ouverture du cœur qui nous fait accueillir l’amour du Seigneur pour nous et aussi qui fait que notre désir dépasse tout ce que peut nous donner les promesses terrestres. » complète Mgr Jacolin, poursuivant ainsi : « Cette pauvreté du cœur, c’est cette soif de connaître vraiment Celui qui est la source de la vie, la source du bonheur : Dieu. C’est mettre Dieu à la première place dans nos vies, comme Celui qui, seul, peut combler les désirs de notre cœur. »