L’Avent : un temps pour nous préparer à la venue du Christ

L’Avent : un temps pour nous préparer à la venue du Christ

Un temps d’attente, de prière et d’espérance

Mgr Jacolin est notre invité cette semaine dans notre émission et il nous parle de l’Avent, le temps qui nous prépare à la naissance de Jésus-Christ.

Notre évêque nous invite à entrer dans le temps de l’Avent qui débute ce dimanche 27 novembre. Un temps de préparation, d’attente, de prière et d’espérance avant la venue du Christ dans le mystère de la crèche.

Il nous rappelle les paroles de Jean-Baptiste « Préparez les chemins du Seigneur, rendez droit ses sentiers« 

Dans une second temps, Mgr Jacolin nous parle de l’inauguration du séminaire St Jean à Nantes qui sort d’une longue phase de travaux. « Nécessaire pour le bien des séminaristes » précise notre évêque.

Il nous explique l’objectif d’un tel investissement, préparant nos futurs prêtres à leurs vies de paroisses. L’Inauguration aura lieu ce 26 novembre.

Vivez la journée des fiancés en Vendée !

Vivez la journée des fiancés en Vendée !

Se marier pour la vie, c’est sérieux ! Cela se prépare… 

Cette année, les fiancés ont rendez-vous pour une grande journée festive et priante dans la joie de la préparation de leur mariage, le samedi 28 janvier 2023 à La Roche-sur-Yon.

Bénédiction de chacun des couples fiancés (Photo : R. A.)

Une journée riche en émotions et en prière

Plus de 80 couples ont participé à la Journée des fiancés en 2022. Ils étaient une soixantaine en 2021, une cinquantaine l’année précédente.

Louange, partages, témoignages, bénédiction des couples qui recevront le sacrement du mariage durant l’année ponctuent ce temps fort, en présence de Mgr Jacolin et de plusieurs prêtres du diocèse. Un temps de grâce et de joie où les couples de fiancés, accompagnés par des couples parrains, découvre que Jésus agit vraiment au coeur de la vie du couple. « Vous êtes l’image de l’Amour de Dieu au coeur du monde », a dit Mgr Jacolin dans sa prédication en 2022.

« Nous avons beaucoup apprécié cette journée et avons été très émus de la gentillesse et de la sollicitude de l’ensemble des intervenants. Nous gardons un très beau souvenir de la bénédiction de Mr Jacolin. En somme, cette journée a été une chance et nous a fait du bien ! »  témoignent les fiancés à l’issue de cette journée. 

Et il en est de même pour les couples parrains qui, s’ils appréhendent parfois cette journée et ces rencontres, en ressortent bouleversés : « Notre appréhension s’est transformée en bonheur, joie, surprise… ».

Cette année encore Mgr Jacolin invite tous les futurs mariés de l’année à une belle et grande journée diocésaine.

Réservez la date :  le samedi 28 janvier 2023 à LA ROCHE SUR YON au Lycée St François d’Assise à partir de 9h30

La joie est au coeur de cette journée (Photo : R. A.)

Mgr Badejo en visite en Vendée

Mgr Badejo en visite en Vendée

L’évêque d’Oyo (Nigeria) en visite dans notre diocèse

Mgr Badejo, évêque d’Oyo au Nigeria, s’est rendu en Vendée pour découvrir notre diocèse, rencontrer notre évêque et nous parler des réalités de l’Eglise en Afrique lors d’une interview sur l’antenne de RCF Vendée.

Un évêque Africain en visite en Vendée

Mgr Badejo, évêque d’Oyo (Nigeria) était en visite dans notre diocèse à l’invitation de Laurent Giraudet, délégué diocésain pour la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) qu’il a connu lorsque ce dernier était en mission au Nigeria. L’occasion pour lui de découvrir notre diocèse au travers de son histoire et patrimoine en passant dans les hauts lieux de Vendée (St Laurent-sur-Sèvre et sa basilique, la cathédrale de Luçon, etc.). 

Lors de sa visite, Mgr Badejo a été accueilli par Mgr Jacolin et ils ont pu travailler ensemble sur un projet de collaboration entre nos deux diocèses. « Notre partenariat serait pastoral, social, éducatif. Surtout au niveau de la formation de nos prêtres, des catéchistes et aussi des plus jeunes, avec en tête l’ouverture à des gens qui ne peuvent pas aller à l’université ou financer des études » explique Mgr Badejo au micro de RCF Vendée.

La place des catholiques au Nigeria

Lors de son entretien avec RCF Vendée, l’évêque d’Oyo a pu se confier au sujet de la place et du rôle des catholiques dans son pays. « Le Nigeria est un grand pays et il y a assurément des régions où les chrétiens subissent des pressions, des persécutions, au Nord par exemple. Mais c’est en train de s’étendre partout. Mon diocèse à Oyo est situé au Sud-ouest. La situation y est différente, heureusement, les musulmans, les chrétiens et même les autres cultes cohabitent en paix ».

Mgr Badejo  a pu établir un parallèle entre la situation de son pays et le nôtre : « Je pense qu’en France, c’est pareil, il y a beaucoup de citoyens musulmans qui vivent en paix avec des chrétiens. Et nous espérons que ce modèle de société pourra se diffuser partout dans le monde pour avancer ensemble en harmonie et en sécurité ».

A Oyo, les catholiques vivent parmi les musulmans : « 40 000 catholiques pour plus de 2 millions de musulmans. » précise l’évêque Africain, « En tout il y a environ 500 000 chrétiens. Mais même le peu de catholiques présents sont reconnus pour leur rôle dans l’éducation, la santé, l’aide aux pauvres, aux refugiés. »

« Et à ça, s’ajoute le travail de l’Eglise pour inculquer des valeurs aux gens, les valeurs de la famille, de solidarité, etc… Cette action de l’Eglise est respectée et saluée, y compris par les musulmans. »

« En chantant, je veux transmettre l’Amour »

« En Afrique, chanter c’est obligatoire. En Afrique les gens chantent tout le temps, sauf quand ils dorment ».  Mgr Badejo a tenu lors de sa visite à nous parler du rôle de la musique et du chant dans l’Evangélisation. La musique est un moyen de rassembler, « C’est une clé pour l’amitié, la collaboration avec tout le monde, ça facilite les relations avec les autres quand on chante tous ensemble ».

Et l’évêque d’Oyo d’ajouter, non sans humour : « Quelqu’un a même dit qu’un évêque doit chanter avec ses prêtres car c’est sûrement la seule fois où ils vont être sur la même longueur d’onde ! »

C’est « en chantant » qu’il veut « transmettre l’amour » et « les valeurs de la famille » qui sont aussi très importantes à diffuser. « Et enfin bien sûr le message de l’Eglise, du salut, de l’importance de Dieu ». Mgr Badejo en a profité pour jouer en direct à la radio lors de son passage dans les locaux de RCF Vendée.

FO’M

Commentaires du dimanche 27 novembre

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
dimanche 27 novembre 2022
1er dimanche de l’Avent

1ère lecture
Psaume
2ème lecture
Evangile

PREMIERE LECTURE – livre du prophète Isaïe 2, 1 – 5
1    Parole d’Isaïe,
– ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem.
2    Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la maison du SEIGNEUR
se tiendra plus haut que les monts,
s’élèvera au-dessus des collines.
Vers elle afflueront toutes les nations
3   et viendront des peuples nombreux.
Ils diront : « Venez !
montons à la montagne du SEIGNEUR,
à la maison du Dieu de Jacob !
Qu’il nous enseigne ses chemins,
et nous irons par ses sentiers. »
Oui, la loi sortira de Sion,
et de Jérusalem, la parole du SEIGNEUR.
4    Il sera juge entre les nations
et l’arbitre de peuples nombreux.
De leurs épées, ils forgeront des socs,
et de leurs lances, des faucilles.
Jamais nation contre nation
ne lèvera l’épée ;
ils n’apprendront plus la guerre.
5    Venez, maison de Jacob !
Marchons à la lumière du SEIGNEUR.

LE GRAND REVE D’ISAIE
On sait que les auteurs bibliques aiment les images ! En voici deux, superbes, dans cette prédication d’Isaïe : d’abord celle d’une foule immense en marche ; ensuite celle de toutes les armées du monde qui décident de transformer tous leurs engins de mort en outils agricoles. Je reprends ces deux images l’une après l’autre.
La foule en marche gravit une montagne : au bout du chemin, il y a Jérusalem et le Temple. Le prophète Isaïe, lui, est déjà dans Jérusalem et il voit cette foule, cette véritable marée humaine arriver. C’est une image, bien sûr, une anticipation. On peut penser qu’elle lui a été suggérée par l’affluence des grands jours de pèlerinage des Israélites à Jérusalem.
Car, chaque année, il était témoin de cette extraordinaire semaine d’automne, qu’on appelle la fête des Tentes. On vit sous des cabanes, même en ville, pendant huit jours, en souvenir des cabanes du séjour dans le désert du Sinaï pendant l’Exode ; à cette occasion, Jérusalem grouille de monde, on vient de partout, de toutes les communautés juives dispersées ; le livre du Deutéronome, parlant de cette fête, disait « Tu la fêteras dans la joie, toi, ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, le lévite et l’immigré, l’orphelin et la veuve qui résident dans ta ville. Durant sept jours, tu célébreras la fête en l’honneur du SEIGNEUR ton Dieu au lieu choisi par le SEIGNEUR…et tu seras rempli de joie. » (Dt 16,14-15).
Devant ce spectacle, Isaïe a eu l’intuition que ce grand rassemblement annuel, plein de joie et de ferveur, en préfigurait un autre : alors, inspiré par l’Esprit-Saint, il a pu annoncer avec certitude : oui, un jour viendra où ce pèlerinage, pratiqué jusqu’ici uniquement par le peuple d’Israël, rassemblera tous les peuples, toutes les nations. Le Temple ne sera plus uniquement le sanctuaire des tribus israélites : désormais, il sera le lieu de rassemblement de toutes les nations. Parce que toute l’humanité enfin aura entendu la bonne nouvelle de l’amour de Dieu.
Pour bien montrer à quel point le destin d’Israël et celui des nations sont mêlés, le texte est construit de manière à imbriquer les évocations ; il ne parle jamais d’Israël sans les nations et inversement. Il commence par Israël : « Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la maison du SEIGNEUR se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. »
Je vous signale au passage que cette manière de parler est déjà symbolique : la colline du temple n’est pas la plus élevée de Jérusalem et cela reste de toute façon bien modeste par rapport aux grandes montagnes de la planète ! Mais c’est d’une autre élévation qu’il s’agit, on l’a bien compris.
DIEU SERA L’ARBITRE DE TOUS LES PEUPLES
Ensuite le texte évoque ceux qu’il appelle « les nations », c’est-à-dire tous les autres peuples : « Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Ils diront : « Venez ! montons à la montagne du SEIGNEUR, à la maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. »
Cette dernière phrase est une formule typique de l’Alliance : c’est donc l’annonce de l’entrée des autres peuples dans l’Alliance jusqu’ici réservée à Israël. Le texte continue : « Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du SEIGNEUR. »
Cela veut dire l’élection (le choix que Dieu a fait) d’Israël, mais cela dit tout autant la responsabilité du peuple élu ; son élection fait de lui le collaborateur de Dieu pour intégrer les nations dans l’Alliance.
Dans ces quelques lignes on a très nettement cette double dimension de l’Alliance de Dieu avec l’humanité : d’une part, Dieu a choisi librement ce peuple précis pour faire Alliance avec lui (c’est ce qu’on appelle l’élection d’Israël) et en même temps ce projet de Dieu concerne l’humanité tout entière, il est universel. Pour l’instant, dit Isaïe, seul le peuple élu reconnaît le vrai Dieu, mais viendra le jour où ce sera l’humanité tout entière.
Je note, au passage, que cette entrée dans le Temple de Jérusalem n’évoque pas la célébration d’un sacrifice, comme il en est question si souvent à propos du Temple ; les nations se réunissent pour écouter la Parole de Dieu et apprendre à vivre selon sa Loi. Nous savons bien que notre fidélité au Seigneur se vérifie dans notre vie quotidienne, mais il me semble que le prophète Isaïe le dit déjà ici très fortement : « Des peuples nombreux se mettront en marche, et ils diront : Venez, montons à la montagne du SEIGNEUR, à la maison du Dieu de Jacob. Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. »
La deuxième image découle de la première : si les nations toutes ensemble écoutent la parole de Dieu au beau sens du mot « écouter » dans la Bible, c’est-à-dire décident d’y conformer leur vie, alors elles entreront dans le projet de Dieu qui est un projet de paix. Elles le choisiront comme juge, comme arbitre, dit Isaïe : « Dieu sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. »
Dans un conflit, l’arbitre est celui qui arrive à mettre les deux parties d’accord, pour enfin faire taire les armes… au moins pour un temps, jusqu’au prochain conflit. On sait bien que certaines paix ne sont pas durables, parce que l’accord conclu n’était pas juste ; dans ce cas, le conflit n’est pas vraiment résolu, il est seulement masqué ; et alors, un jour ou l’autre, le conflit renaît. Mais si l’arbitre des peuples est Dieu lui-même, c’est une paix durable qui s’établira. On n’aura plus jamais besoin de préparer la guerre. Tout le matériel de guerre pourra être reconverti…
Et cela nous vaut cette expression superbe de la paix future : « De leurs épées, ils forgeront des socs (de charrue), et de leurs lances des faucilles. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on ne s’entraînera plus pour la guerre ».
La dernière phrase conclut le texte par une invitation concrète : « Venez, maison de Jacob, marchons à la lumière du SEIGNEUR. » Sous-entendu « pour l’instant, toi, peuple d’Israël, remplis ta vocation propre » ; et elle est double : « monter au Temple du SEIGNEUR », d’une part, c’est-à-dire célébrer l’Alliance, et d’autre part « marcher à la lumière du SEIGNEUR », c’est-à-dire se conformer à la Loi de l’Alliance.
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Compléments
1 – Chose curieuse, ces quelques versets que nous venons d’entendre se retrouvent presque dans les mêmes termes chez un autre prophète… Aujourd’hui nous les avons lus sous la plume d’Isaïe qui est un prophète du huitième siècle avant J.C. à Jérusalem ; mais nous aurions tout aussi bien pu les lire dans le livre de Michée qui est son contemporain dans la même région (Mi 4,1-3). Lequel des deux a copié sur l’autre ? Ou bien se sont-ils tous les deux inspirés à la même source ? Personne n’en sait rien ; en tout cas, il faut croire que Jérusalem avait bien besoin d’entendre ces paroles pour se rappeler le projet de Dieu !
2 – Isaïe nous projette dans l’avenir… et il faudrait écrire avenir en deux mots : « A-Venir ». Entre parenthèses, pendant tout le temps de l’Avent, nous entendrons des lectures qui nous projettent dans l’avenir : l’Avent tout entier est une mise en perspective de ce qui nous attend. Le texte d’aujourd’hui, d’ailleurs, commence par « Il arrivera dans l’avenir » : et cette phrase-là n’est pas une prédiction, c’est une promesse de Dieu. Les prophètes ne sont pas des voyants, des devins, pour la simple bonne raison que la divination est strictement interdite en Israël ! Par conséquent leur mission n’est pas de prédire l’avenir ; leurs prises de parole ne sont pas des « prédictions » mais des « prédications » : ils sont, comme on dit, la « bouche de Dieu », ils parlent de la part de Dieu. Et donc, finalement, ils ne peuvent pas dire autre chose que le projet de Dieu. C’est très exactement ce que fait Isaïe ici.

PSAUME – 1211 (122), 1-9
1 Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du SEIGNEUR ! »
2 Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !
3 Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un.
4 C’est là que montent les tribus,
les tribus du SEIGNEUR.
C’est là qu’Israël doit rendre grâce
au nom du SEIGNEUR.
5 C’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.
6 Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment !
7 Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! »
8 A cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! »
9 A cause de la maison du SEIGNEUR notre Dieu,
je désire ton bien.

UNE VILLE AU DESTIN PARTICULIER
Nous avons là la meilleure traduction possible du mot « Shalom » : « Paix à ceux qui t’aiment ! Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais… » Quand on salue quelqu’un par ce mot « Shalom », on lui souhaite tout cela !
Ici, ce souhait est adressé à la ville de Jérusalem : « Appelez le bonheur sur Jérusalem… A cause de mes frères et de mes proches, je dirai : Paix sur toi ! A cause de la maison du SEIGNEUR notre Dieu, je désire ton bien ». Dans le nom même de « Jérusalem » il y a le mot « shalom » ; elle est, elle devrait être, elle sera la ville de la paix.
Ce souhait de paix, de bonheur adressé à Jérusalem est encore bien loin d’être réalisé ! L’a-t-il jamais été ? Vous connaissez l’histoire plutôt mouvementée de cette ville : vers l’an 1000 av.J.C. c’était une bourgade sans importance, qui s’appelait Jébus et ses habitants  les Jébusites ; c’est elle que David a choisie pour y installer la capitale de son royaume ; dimanche dernier (pour la fête du Christ-Roi – Année C), nous avions vu que la première capitale de David a été Hébron tant qu’il n’était roi que de la seule tribu de Juda ; mais un beau jour, et c’était notre lecture de dimanche dernier, les onze autres tribus se sont ralliées ; alors, très sagement, il a choisi une nouvelle capitale dont aucune tribu ne pouvait se réclamer. C’est donc Jébus devenue Jérusalem ; désormais on l’appellera la « ville de David » (2 S 6,12) ; il y transporte l’Arche d’Alliance, puis, sur l’ordre de Dieu, il achète un champ à Arauna le Jébusite avec l’intention de l’y installer ; ce champ, c’est Dieu lui-même qui en a choisi l’emplacement : Jérusalem est donc aux yeux de tous la Ville Sainte, le lieu que Dieu a choisi pour y « planter sa tente ».
« Ville sainte », comme « terre sainte » ne veut pas dire « ville magique » ou « terre magique » ; elle est sainte parce qu’elle appartient à Dieu. Elle est, ou elle devrait être, elle sera la ville où l’on vit à la manière de Dieu, comme la « terre sainte » est la terre qui appartient à Dieu et où l’on doit vivre à la manière de Dieu.
Avec David, puis avec Salomon, Jérusalem connaît ses plus belles heures, mais elle est encore d’étendue modeste ; aujourd’hui elle couvre toutes les collines, mais au début elle n’occupait qu’un tout petit éperon rocheux. David y a construit son palais, puis tout naturellement il a voulu construire un Temple pour que Dieu ait lui aussi son palais.
Mais Dieu avait d’autres projets : le prophète Natan a été chargé de calmer les élans de David et de lui annoncer que Dieu s’intéressait à son peuple beaucoup plus qu’à un Temple, si beau soit-il. Vous connaissez le fameux jeu de mots de Natan : « tu veux construire une maison (traduisez un temple) à Dieu, mais c’est Dieu qui te construira une maison (au sens de descendance) ». On retrouve ce jeu de mots dans notre psaume : « C’est là le siège du droit, le siège de la maison de David » (au sens de descendance, c’est-à-dire la dynastie royale)… (et un peu plus loin) « A cause de la maison du Seigneur notre Dieu (le Temple), je désire ton bien. »
DANS L’ATTENTE DU MESSIE
Et le prophète Natan annonçait encore autre chose : Dieu a promis de prolonger pour toujours la dynastie de David, c’est pourquoi, de siècle en siècle, on attend un descendant de David qui instaurera le royaume de Dieu sur la terre et son trône sera à Jérusalem.
Vous vous rappelez que ce n’est pas David qui a construit le Temple finalement ; c’est Salomon et désormais Jérusalem est devenue le centre de la vie cultuelle : trois fois par an les Juifs pieux montaient en pèlerinage à Jérusalem et, en particulier, pour la fête des Tentes à l’automne.
Vous connaissez la suite : les horreurs commises par les troupes de Nabuchodonosor, en 587 av. J. C., la destruction du Temple, et de la ville… l’Exil à Babylone, puis le retour autorisé en 538 par le nouveau maître du Moyen-Orient, Cyrus. Jérusalem a été reconstruite et c’est pour cela que notre pèlerin du psaume 121 s’écrie « Jérusalem, te voici dans tes murs, ville où tout ensemble ne fait qu’un ! »
Mais surtout, le Temple de Salomon a été reconstruit, et Jérusalem a retrouvé son rôle de centre religieux : sa grandeur, sa sainteté lui viennent de ce qu’elle est comme un écrin pour la chose la plus précieuse du monde pour un croyant : le Temple qui est le signe visible de la Présence du Dieu invisible.
Vous avez remarqué la construction de ce psaume : comme bien souvent il y a une inclusion : le premier et le dernier versets se répondent et cette insistance est volontaire. Je vous les redis : premier verset  « Nous irons à la maison du SEIGNEUR » ; dernier verset  « A cause de la maison du SEIGNEUR notre Dieu, je désire ton bien ».
Cette « Maison du SEIGNEUR », ce Temple, a connu bien d’autres malheurs : la fameuse persécution d’Antiochus Epiphane l’avait transformé en temple païen (en 167 av.J.C.) et il avait fallu se battre les armes à la main pour le récupérer et y restaurer le culte ; puis il a été détruit une deuxième fois en 70 ap. J.C., date à laquelle les Romains l’ont incendié ; jusqu’à présent le Temple n’a jamais été reconstruit, mais Jérusalem reste la Ville Sainte, et l’on attend sa restauration en même temps que la venue du Messie.
Le plus étonnant est la force de cette espérance qui s’est maintenue malgré toutes les vicissitudes de l’histoire ! Aujourd’hui encore, il est demandé à chaque Juif, où qu’il soit dans le monde, de laisser près de l’entrée de sa maison, une pièce non aménagée, ou au moins un pan de mur non peint, en souvenir de Jérusalem non encore reconstruite. Ou bien encore, où qu’ils soient, les Juifs se tournent vers Jérusalem pour la prière, et tous les jours, dans la prière, on dit « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite dépérisse ».
On ne peut pas oublier Jérusalem, parce qu’on sait que Dieu lui-même ne peut pas oublier la promesse faite à David : les prophètes, en particulier Isaïe et Michée, nous l’avons lu dans la première lecture, ont annoncé que Jérusalem serait le lieu du rassemblement de toute l’humanité ; puisque c’est la Parole de Dieu, cette révélation est toujours valable ! Aujourd’hui encore, le peuple élu reste le peuple élu. Dieu ne peut être infidèle à ses promesses ; comme dit Saint Paul, « Dieu ne peut pas se renier lui-même ».
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Note
1 – La numérotation des Psaumes : le texte hébreu du psautier et sa traduction grecque ont tous les deux cent cinquante psaumes, mais une légère différence de numérotation (chiffre généralement plus fort d’une unité dans le texte hébreu) ; la numérotation hébraïque est en vigueur dans nos Bibles et dans la liturgie protestante, la numérotation grecque est en usage dans tous les ouvrages liturgiques catholiques.
Complément
Ce psaume 121/122 fait partie des « cantiques des montées », ces psaumes composés tout spécialement pour les pèlerinages. Il était vraisemblablement chanté à l’arrivée aux portes de la Ville Sainte. Voir le commentaire pour la Fête du Christ-Roi de l’année C.

DEUXIEME LECTURE – lettre de Saint Paul aux Romains 13, 11-14
Frères,
11 vous le savez : c’est le moment,
l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil.
Car le salut est plus près de nous maintenant
qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants.
12 La nuit est bientôt finie,
le jour est tout proche.
Rejetons les œuvres des ténèbres,
revêtons-nous des armes de la lumière.
13 Conduisons-nous honnêtement,
comme on le fait en plein jour,
sans orgies ni beuveries,
sans luxure ni débauches,
sans rivalité ni jalousie,
14 mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ.

LE DESSEIN BIENVEILLANT DE DIEU PROGRESSE
« Le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants » … Cette phrase de Saint Paul est toujours vraie ! L’un des articles de notre foi, c’est que l’histoire n’est pas un perpétuel recommencement, mais au contraire que le projet de Dieu avance irrésistiblement.  Chaque jour, nous pouvons dire que le dessein bienveillant de Dieu est plus avancé qu’hier : il est en train de s’accomplir, il progresse… lentement mais sûrement. Oublier d’annoncer cela, c’est oublier un article essentiel de la foi chrétienne. Les Chrétiens n’ont pas le droit d’être moroses, parce que chaque jour, « le salut est plus près de nous », comme dit Paul.
Or ce dessein bienveillant a besoin de nous : ce n’est donc pas le moment de dormir : nous qui avons la chance de connaître le projet de Dieu, nous ne pouvons pas courir le risque de le retarder ; je pense ici à la deuxième lettre de Pierre : « Non, le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, (alors que certains prétendent qu’il a du retard), mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent, mais que tous parviennent à la conversion ». (2 Pi 3,9). Ce qui veut dire que notre inaction, notre « sommeil » comme dit Saint Paul a des conséquences sur l’avancement du projet de Dieu : laisser nos capacités, nos possibilités en sommeil, c’est compromettre ou au moins retarder le projet de Dieu.
C’est ce qui fait la gravité de ce que nous appelons les péchés par omission : le dessein bienveillant de Dieu n’attend pas. Comme dit Saint Paul, la nuit est bientôt finie, le jour est tout proche ; ailleurs, dans la première lettre aux Corinthiens, Paul dit « Le temps est limité » et il emploie un terme technique de la navigation « le temps a cargué ses voiles » comme fait le bateau quand il approche du port. (1 Co 7,29).
Vous allez me dire que c’est un peu prétentieux de nous donner tant d’importance : comme si notre conduite influait sur le projet de Dieu… et pourtant, je n’invente rien : c’est ce qui fait la grandeur, j’aurais envie de dire la gravité de nos vies : si j’en crois Saint Paul, notre conduite quotidienne est de la plus haute importance ; je reprends le texte : « Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie… ». Ces choses-là, ce sont des « activités de ténèbres », comme il dit.
Il y a des manières chrétiennes de se comporter et des manières qui ne méritent pas le nom de chrétiennes. Il y a des activités de ténèbres et des activités de lumière ; ce qui ne veut pas dire que nous chrétiens avons toujours des comportements dignes de notre baptême et que les non-chrétiens n’auraient pas des comportements dignes de l’évangile… on peut fort bien être chrétien, c’est-à-dire baptisé, et se comporter de manière non-conforme à l’évangile… comme on peut fort bien ne pas être baptisé et se comporter de manière évangélique.
Mais en fait, et c’est certainement important, Paul ne dit pas : « Rejetons les oeuvres des ténèbres et choisissons les oeuvres de lumière » comme s’il suffisait à chaque instant d’exercer notre liberté de choix ; il dit « Rejetons les oeuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière ». Il me semble que cela veut dire deux choses :
REVETONS-NOUS DES ARMES DE LA LUMIERE.
Première chose, bien sûr, c’est ce choix que nous devons refaire chaque jour, un choix qui peut parfois prendre l’allure d’un vrai combat ; actuellement, nous ne manquons pas d’exemples : devant les questions de société, entre autres, le choix d’un comportement évangélique peut nous placer complètement à contre-courant de notre entourage, parfois très proche. Le choix du pardon, aussi, nous le savons bien, peut être dans certains cas un véritable combat intérieur… Le refus des compromissions, des privilèges, des commissions, du « piston » comme on dit, autant de combats contre nous-mêmes et contre les habitudes faciles de notre société … : « enfants de Dieu sans tache, au milieu d’une génération tortueuse (c’est-à-dire qui a perdu son chemin) et pervertie, vous brillez comme les astres dans l’univers, en tenant ferme la parole de vie »…  (Phi 2,15).
Deuxième chose : dans cette phrase « revêtons-nous des armes de la lumière », il y a aussi l’image du vêtement de combat, et ce n’est pas la première fois que Paul l’emploie : aux Corinthiens, par exemple, il a parlé des « armes de la justice » (2 Co 6,7) et aux Thessaloniciens, il écrivait « nous qui sommes du jour, restons sobres ; mettons la cuirasse de la foi et de l’amour et le casque de l’espérance du salut ». (1 Th 5,8). C’est donc tout un équipement militaire qu’il nous propose… (c’est une image évidemment).
Ici, il parle d’un vêtement de lumière et ce vêtement de lumière n’est autre que Jésus-Christ lui-même dont la lumière nous enveloppe comme un manteau ; puisque, après avoir dit « revêtons-nous des armes de la lumière », il ajoute « revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ ».
Au fond, cette phrase « Rejetons les oeuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière » est certainement une allusion à la célébration du Baptême : vous savez que le Baptême était donné par immersion ; pour être plongé dans le baptistère, le baptisé rejetait d’abord ses vêtements pour être revêtu ensuite de l’aube blanche, signe que le baptisé était désormais un être nouveau en Jésus-Christ. Vous connaissez la phrase de la lettre aux Galates « Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27).
Ce qui veut dire que ce combat du comportement chrétien, qui dépasse nos forces, il faut bien le reconnaître, ce combat n’est pas notre combat, mais celui du Christ en nous. Alors nous nous souvenons de cette phrase de Jésus lui-même : « Quand on vous persécutera, mettez-vous dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. » (Lc 21,14-15).
Dans le langage courant, il nous arrive bien de parler d’un « habit de lumière », mais c’est à propos du toréador ; Saint Paul nous dit que nous pourrions tout aussi bien l’employer pour les baptisés.

EVANGILE – selon Saint Matthieu 24, 37-44
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
37  « Comme il en fut aux jours de Noé,
ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
38  En ces jours-là, avant le déluge,
on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari,
jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
39  les gens ne se sont doutés de rien,
jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis :
telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
40  Alors deux hommes seront aux champs :
l’un sera pris, l’autre laissé.
41  Deux femmes seront au moulin en train de moudre :
l’une sera prise, l’autre laissée.
42  Veillez donc,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
43  Comprenez-le bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait,
il aurait veillé
et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
44  Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »

TOUT CE QUI SERA TROUVE JUSTE SERA SAUVE
Une chose est sûre, ce texte n’a pas été écrit pour nous faire peur, mais pour nous éclairer : on dit de ce genre d’écrits qu’ils sont « apocalyptiques » : ce qui veut dire littéralement qu’ils « lèvent un coin du voile », ils dévoilent la réalité. Et la réalité, la seule qui compte, c’est la venue du Christ : vous avez certainement remarqué le vocabulaire : venir, venue, avènement, toujours à propos de Jésus ; «
« Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme… telle sera aussi la venue du Fils de l’homme… vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient… c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Ce qui veut bien dire que le centre de ce passage, c’est l’annonce que Jésus-Christ « viendra ».
Chose curieuse, c’est au futur que Jésus parle de sa venue… « Le Fils de l’Homme viendra » … on comprendrait mieux qu’il parle au passé ! S’il parle, c’est qu’il est déjà là, il est déjà venu… A moins que le mot « venue », ici, ne soit pas synonyme de naissance ; la suite du texte nous en dira plus.
Pour l’instant, je voudrais m’arrêter sur ce qui, d’habitude, nous dérange dans cet évangile ; c’est la comparaison avec le déluge, au temps de Noé et la mise en garde qui va avec : « Deux hommes seront aux champs, l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée ». Comment faire pour entendre là un évangile, au vrai sens du terme, c’est-à-dire une Bonne Nouvelle ?
Comme toujours, il faut faire un acte de foi préalable : ou bien nous lisons ces lignes à la manière du serpent de la Genèse, c’est-à-dire avec soupçon et nous pensons que les choix de Dieu son arbitraires… ou bien nous choisissons la confiance : quand Jésus nous dit quelque chose, c’est toujours pour nous révéler le dessein bienveillant de Dieu, ce ne peut pas être pour nous effrayer.
En fait, c’est un conseil que Jésus nous donne ; il prend l’exemple de Noé : à l’époque de Noé, personne ne s’est douté de rien ; et ce qu’il faut retenir, c’est que Noé qui a été trouvé juste a été sauvé ; tout ce qui sera trouvé juste sera sauvé.
Et là, on retrouve un thème habituel, celui du jugement (du tri si vous préférez), entre les bons et les mauvais, entre le bon grain et l’ivraie : « Deux hommes seront aux champs, l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée »… Cela revient à dire que l’un était bon et l’autre mauvais. Evidemment, parler des bons et des mauvais comme de deux catégories distinctes de l’humanité, c’est une manière de parler : du bon et du mauvais, du bon grain et de l’ivraie, il y en a en chacun de nous : c’est donc au coeur de chacun de nous que le bon sera préservé et le mal extirpé.
C’EST A L’HEURE OU VOUS N’Y PENSEREZ PAS QUE LE FILS DE L’HOMME VIENDRA
Je remarque autre chose, c’est que Jésus s’attribue le titre de Fils de l’Homme : trois fois dans ces quelques lignes. C’est une expression que ses interlocuteurs connaissaient bien, mais Jésus est le seul à l’employer, et il le fait souvent : trente fois dans l’évangile de Matthieu. Si vous vous souvenez, c’est le prophète Daniel, au deuxième siècle avant Jésus-Christ, qui disait : « Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. » (Dn 7,13-14). En hébreu, l’expression « fils d’homme » veut dire tout simplement « homme » : cet être dont le prophète Daniel parle est donc bien un homme, et en même temps il vient sur les nuées du ciel, ce qui en langage biblique, signifie qu’il appartient au monde de Dieu, et enfin il est consacré roi de l’univers et pour toujours.
Mais ce qui est le plus curieux dans le récit de Daniel, c’est que l’expression « Fils d’homme » a un sens collectif, elle représente ce que Daniel appelle « le peuple des Saints du Très-Haut » c’est-à-dire que le fils de l’homme est un être collectif ; il dit par exemple : « La royauté, la domination et la puissance de tous les royaumes de la terre, sont données au peuple des saints du Très-Haut. Sa royauté est une royauté éternelle, et tous les empires le serviront et lui obéiront.” » (Dn 7,27) ou encore : « ce sont les saints du Très-Haut qui recevront la royauté et la posséderont pour toute l’éternité. » (7,18).
Quand Jésus parle de lui en disant « le Fils de l’Homme », il ne parle donc pas de lui tout seul ; il annonce son rôle de Sauveur, de porteur du destin de toute l’humanité. Saint Paul exprime autrement ce même mystère quand il dit que le Christ est la tête d’un Corps dont nous sommes les membres. Saint Augustin, lui, parle du Christ total, Tête et Corps, et il dit « notre Tête est déjà dans les cieux, les membres sont encore sur la terre ».
Si bien que, en fait, quand nous disons « Nous attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus-Christ notre Sauveur »… c’est du Christ total que nous parlons. Et alors nous comprenons que Jésus puisse parler de sa venue au futur : l’homme Jésus est déjà venu mais le Christ total (au sens de Saint Augustin) est en train de naître. Et là, je relis encore Saint Paul : « La création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore » (Rm 8,22) ou bien le Père Teilhard de Chardin  : « Dès l’origine des Choses un Avent de recueillement et de labeur a commencé… Et depuis que Jésus est né, qu’Il a fini de grandir, qu’Il est mort, tout a continué de se mouvoir, parce que le Christ n’a pas achevé de se former. Il n’a pas ramené à Lui les derniers plis de la Robe de chair et d’amour que lui forment ses fidèles … »
Quand Jésus nous invite à veiller, il me semble que nous pouvons l’entendre dans le sens de « veiller sur » ce grand projet de Dieu et donc de consacrer nos vies à le faire avancer.
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Complément
Ce texte fait partie de tout un très long discours de Jésus très peu de temps avant sa Passion et sa mort. Il sait ce qui va se passer et ce dernier message ressemble à un testament. Cet entretien avec ses disciples a commencé (au début de ce chapitre 24) par l’annonce de la destruction prochaine du Temple de Jérusalem ; or ce Temple était en cours de restauration, il allait être bientôt totalement achevé, magnifique, superbe ! Et Jésus annonce qu’il n’en restera rien. Le Temple, ne l’oublions pas, était le signe de la Présence de Dieu au milieu de son peuple, le garant de la pérennité de l’Alliance. Evidemment, cette prédiction fait sensation et les disciples en déduisent que la fin du monde est pour bientôt. Et ils sont à la fois curieux et inquiets de ce qui va se passer : « Dis-nous quand cela arrivera, et quel sera le signe de ta venue et de la fin du monde. » (Mt 24,3).
Jésus ne répond pas précisément à ces questions, mais il fait preuve d’une sollicitude extraordinaire : il ne nie pas que les hommes traverseront des périodes de détresse terrible pour certains, des tempêtes déchaînées (quand Matthieu écrit son évangile, on connaît les persécutions), au contraire, il les avertit et les invite à la vigilance.

Homélie du dimanche 27 novembre

Dimanche 27 novembre 2022
Premier dimanche de l’Avent

Références bibliques :
Lecture du livre du prophète Isaïe : 2. 1 à 5 : »Venez famille de Jacob, marchons à la lumière du Seigneur. »
Psaume 121 : « Que la paix règne dans tes murs. »
Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains : 13. 11 à 14 : »L’heure est venue de sortir de votre sommeil. »
Evangile selon saint Matthieu : 24. 37 à 44 : »Tenez vous donc prêts, vous aussi. »
***
PAIX SUR TERRE AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE.
Veillez, c’est le temps de l’Avent, reviennent à notre pensée les oracles du prophète Isaïe qui annoncent une ère nouvelle:
– « de leurs épées, ils forgeront des socs de charrues. »
– « le loup habitera avec l’agneau. »
– « alors s’ouvriront les yeux des aveugles. »
Car cela aujourd’hui ne nous renvoie ni à une vision féerique ni à une part de rêve qui serait une fausse espérance. La culture de notre temps se veut beaucoup plus réaliste que ces affirmations du prophète. Le féerique que l’on voit sur les écrans de TV, n’est qu’une imagination. Noël, de nos jours, ne chante plus guère l’espérance. C’est un grand rendez-vous du clinquant, enrobé de sensiblerie.
Les vitrines en sont témoins. Les chalands qui viennent acheter ont besoin de couleurs, de brillances, d’inhabituel au point qu’il leur faut même une crèche qui se trouve dans les rayons des magasins non loin des peluches de Disneyland.
L’Eglise est-elle à côté de son siècle ? Nous berce-t-elle d’illusions en nous donnant à entendre des prophéties de bonheur quand meurent de froid des sans-logis, quand l’Amérique centrale compte ses morts, quand en Afrique, les Africains eux-mêmes se déchirent entre eux, quand en Inde les chrétiens sont menacés de mort parce qu’ils ne sont pas de culture hindouiste, quand le Moyen-Orient es tune terre de massacre.
Si nous lisons, sur le fond, le message que l’Eglise nous donne à vivre, nous serons vite convaincus qu’elle ne rêve pas en nous faisant entendre Isaïe. Car il est aussi des lieux et des hommes qui vivent l’amour de Dieu, qui forgent des charrues avec les épées, où le loup demeure en paix avec l’agneau, où les yeux s’ouvrent à la lumière.
« Montons vers la montagne du Seigneur… il nous enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers. » Montons vers le Seigneur » en cette attente des jours nouveaux.
JERUSALEM, « FONDATION DE LA PAIX »
C’est ce que signifie ce nom géographique, Jérusalem qui devrait être une terre de paix…. Nous avons commencé de chanter ce psaume 121 dimanche dernier pour la fête du Christ-Roi, descendant de David, qui avait fixé à Jérusalem sa capitale pour en faire « la fondation de la paix. »
Le psaume 121 est l’un des chants des pèlerins qui sont montés sur la montagne sainte pour rendre grâce. Car, dans la perspective biblique, Jérusalem n’est pas une capitale comme les autres. Elle n’a pas été faite pour dominer, mais pour unir le royaume du nord (Israël) et le royaume du sud (Juda). Ce qui en fait le prix, c’est le temple, « la maison du Seigneur notre Dieu », le Dieu de l’Alliance dont l’arche se trouve au coeur de la Cité.
Jérusalem est tout à la fois une direction de marche pour le pèlerin, un symbole d’unité entre les habitants et les pèlerins, une ouverture sur le Tout-Autre auquel on rend grâce, une exigence par le droit qui découle de la Loi qui y est conservée.
« Ville où tout ensemble ne fait qu’un. C’est là que montent les tribus du Seigneur. C’est là qu’Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur. C’est là le siège du droit, le siège de la maison de David. »
Le Christ Jésus est là tout entier. Il est plus que Jérusalem et le Temple. Il est alliance divine et unité des hommes, eucharistie et joie, paix et justice miséricordieuse.
LE JOUR EST PROCHE
La prophétie d’Isaïe comme le psaume élargissent l’horizon. Les nations (c’est-à-dire les païens) affluent elles aussi. « Il sera le juge des nations, l’arbitre de la multitude des peuples. » Dès ce premier dimanche du temps de l’Avent, l’Eglise nous met dans la perspective de l’Epiphanie (Isaïe 60 : »Les nations marcheront vers la lumière. »)
L’Eglise réaffirme donc, dès le début du nouveau cycle liturgique, ce qui lui tient à coeur et qui l’anime dans sa marche au long des temps : la paix pour tous les hommes, au-delà de ses limites actuelles. Et l’Eglise, comme Isaïe, n’entend pas dissoudre l’originalité de la Révélation en un universalisme monotone.
Le Pape François nous rappelle que l’Evangile soit s’incruster et s’épanouir en chaque culture et devenir ainsi l’artisan de l’unité dans cette diversité d’Asie,d’Afrique ou d’Amérique.
OPTIMISME ET ESPERANCE
Est-il alors absurde d’espérer que les nations marchent « à la lumière du Seigneur » alors que grandissent l’athéisme pratique ou le fanatisme tout humain ?
Quelle est la lumière du Seigneur qui doit éclairer tout homme en ce monde (Jean 1. 9) ? C’est le Seigneur lui-même ! il est proche ! il vient !
Notre époque multiplie les chartes et les déclarations. Elles ne suffisent pas puisqu’il faut sans cesse en faire de nouvelles. Après tant d’échecs, souvent monstrueux, les hommes ne sont-ils pas à la veille de reconnaître qu’ils ne pourront survivre que s’ils adoptent quelques valeurs qui leur soient communes, parce que, d’abord, elles les dépassent. Optimisme béat ? Refus du pessimisme tranquille, non, car la dignité de l’homme est en Dieu.
L’Avent nous le dit. Ce temps doit être pour chacun de nous un moment de reprise spirituelle, une espérance ardente dans le Christ, car Dieu se refuse à désespérer de l’homme. Cette reprise permet tout ensemble un recentrement sur le Christ qui accomplit les promesses et la vocation du peuple de Dieu, en même temps qu’un élargissement qui se vit dans les familles et toutes les familles, car le Dieu en son Fils, le Christ est venu pour le monde.
***
La lettre de saint Paul et l’Evangile résonnent de mots qui interdisent toute mièvrerie à ce que nous devons vivre en cet Avent.
« Donne à tes fidèles, Dieu Tout-Puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur. » (Oraison d’ouverture de la messe)

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