Parents – enfants, l’urgence de parler de l’amour

Parents – enfants, l’urgence de parler de l’amour

« L’enfant ne peut pas grandir, s’il n’est pas planté dans l’amour » 

Aujourd’hui, les jeunes savent beaucoup de choses sur la sexualité. Ils évoluent dans une civilisation de l’image où la pornographie est présente sur de nombreux supports dont l’accès est facilité par internet. Les parents ont un rôle important à jouer pour leur parler du véritable amour, celui qui fait grandir dans le respect de soi et d’autrui.

« Il est temps que les pères et les mères reviennent de leur exil ! »

Pape François, 20 mai 2015.

« Il faut réapproprier la mission des parents, face à leurs enfants, sur la question de l’éducation sexuelle, sans heurter leur sensibilité » développe Inès Pellissié du Rausas* dans l’exposé concret qu’elle a donné à des parents visiblement à l’écoute et désireux de vivre pleinement leur mission éducative. Aujourd’hui, parler d’amour peut paraître délicat. Une chose complexe due à l’évolution des mœurs et des nouveaux comportements transgressifs d’enfants de plus en plus jeunes. Cela nécessite davantage d’écoute, d’accessibilité et de délicatesse de la part des parents.

Face aux contenus glauques, violents et pornographiques accessibles par le biais d’Internet et des interfaces médiatiques, il est impératif de parler aux enfants d’une sexualité humaine, respectueuse de chacun car « un enfant averti saura situer comme sale ce qui est sale, et il sera moins abîmé » explique la conférencière.

« Ces moments où les parents parlent d’intimité avec leurs enfants sont des moments qui font grandir la relation». Il est donc nécessaire que les parents instaurent un dialogue avec leurs jeunes adolescents pour leur donner des outils qui les aident à découvrir la beauté de leur corps fait pour aimer,  dans leur masculinité ou leur féminité.

La préadolescence, une période propice au dialogue

« Jusqu’à la puberté, un enfant est un enfant ! » martèle Inès Pellissié du Rausas en rappelant la confusion anthropologique qui transfère le monde de l’adolescence, vers un âge plus jeune encore, celui de la préadolescence. Or, l’enfant n’est pas encore entré dans sa puberté, il est dans cette « période de latence qu’est l’enfance », il grandit moins vite et devient plus raisonnable, plus autonome. La pudeur apparait souvent dans cette phase de la vie, qui le prépare à son adolescence et aux changements que son corps va connaître. Il pose alors un sens interdit sur la porte de sa  chambre ou impose d’être seul dans la salle de bain, il tient, par de petits gestes, à affirmer son autonomie. « Cette pudeur est saine et profondément humaine » nous rappelle la philosophe, et elle peut être la porte ouverte au dialogue sur le sens du corps, de la vie et de l’amour.

La complémentarité des parents est nécessaire dans l’éducation, tout comme dans la relation affective avec l’enfant. Celui-ci, pour savoir ce qu’est l’amour, a besoin de le recevoir selon le mode paternel et le mode maternel d’aimer. Son père lui apporte, dans sa relation filiale, l’estime de soi et sa mère, la confiance en soi.

Mais comment dialoguer ? Quelle distance doit-on mettre dans sa relation avec l’enfant ? Les questions sont nombreuses et Inès Pelissié du Rausas nous éclaire en nous appelant à la juste mesure, si bien exprimée dans le Petit Prince de Saint Exupéry, avec l’apprivoisement du renard. Etre trop sévère engendre souvent la peur qui, elle-même, donne raison au mensonge. Par ailleurs, le copinage n’a pas fait ses preuves car les parents ne sont plus des enfants et ne peuvent jouer ce rôle sans conséquence. Il faut donc éduquer à l’amour dans une relation juste, en favorisant le cœur à cœur, dans un apprivoisement patient et régulier.

« Notre génération n’a nul besoin de recevoir davantage d’informations sexuelles : nous sommes arrivés à saturation. »

Thérèse Hargot, sexologue

Mieux vaux parler trop tôt … que trop tard !

L’éducation affective et sexuelle ne commence pas à l’approche de la puberté, elle fait partie intégrante du mode éducatif de la vie familiale dès le plus jeune âge. Dans les gestes concrets de la vie quotidienne, les parents apprennent déjà à l’enfant le respect de son corps et du corps de l’autre. « C’est  tout petit déjà, que l’enfant apprivoise la dimension charnelle de son existence et comprend comment elle lui permet d’entrer en relation avec l’autre, comment elle lui permet de recevoir et d’exprimer son affection. » écrit la sexologue Thérèse Hargot ¹.

Par ailleurs, il parait important d’évoquer cette adolescence sans la présenter comme une période de crise mais comme l’émergence d’une nouvelle étape de vie. L’enfant doit prendre conscience qu’il se prépare à sa vie d’adulte, qu’il pose des actes responsables et constructifs qui l’aideront à devenir ce qu’il est au plus intime de lui-même.

Beaucoup de parents n’osent pas évoquer le sujet de la sexualité avec leurs enfants. Il semble paraître difficile de leur parler trop tôt, de peur de leur donner des idées, et quand arrive la période de l’adolescence, le jeune est moins propice aux échanges, il est alors plus difficile de trouver le moment opportun et ils semblent par ailleurs déjà bien informés. Mais l’initiation sexuelle assurée par les amis ou par les médias se révèle très lacunaire et déstructurante.

Pour Pierre et Denise Stagnara, fondateurs de l’association Sésame qui propose une éducation affective et sexuelle en milieu scolaire, « mieux vaut deux ans trop tôt qu’un an trop tard» ! En effet, il semble préférable que l’enfant ait été préparé à ce sujet dans le contexte familial avant de le découvrir par lui-même dans son environnement scolaire ou périscolaire. L’accès illimité à internet sur les téléphones portables favorise l’émergence d’échanges d’informations à caractères pornographiques dans les milieux scolaires. L’enfant a besoin d’être armé face à cette profusion d’images qui envahit l’espace médiatique et transmet une fausse réalité de la relation d’amour. Il serait regrettable et déstabilisant pour l’enfant que la pornographie, ou sa prévention, soit une porte d’entrée sur sa sexualité.

¹ Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque), Editions Albin Michel.

Déjouer les pièges contre l’amour

Dans notre société où l’homosexualité apparaît comme davantage présente et où l’identité sexuelle prend une place considérable chez les jeunes, il existe une grande confusion entre l’homophilie et l’homosexualité. Dès le collège, dans les cours de récréation, fusent les questions identitaires « t’es homo ou hétéro » quand ce n’est pas « t’es bi ? » à en croire Thérèse Hargot, sexologue intervenante en milieu scolaire. Beaucoup d’adolescents se demandent si la relation d’amitié privilégiée avec leur meilleur ami, n’est pas une relation naissante homosexuelle. Entre l’amour et l’amitié, la nuance est parfois difficile à mesurer chez les jeunes en quête de repères. Pour Inès Pellissié du Rausas, l’homophilie rassure, la présence d’un ami intime de même sexe est positive et constructive mais elle « peut s’apparenter à une homosexualité si l’on n’aide pas l’enfant à comprendre ce qu’il vit ».

Par ailleurs, l’image d’une sexualité faussée par la pornographie entraine une sexualité en termes de performance et non en termes de relation et de don de soi. Il est utile de donner aux jeunes les repères nécessaires afin qu’aucune confusion ne se fasse entre le fait de ressentir une émotion, une pulsion et le fait d’y consentir.

Dans notre société de consommation, ne pas céder à toutes ses envies, sous peine de courir le risque d’en être esclave, nécessite un réel apprentissage.  Il est primordial, dans un souci réel d’éducation d’apprendre aux jeunes que le pilote de nos actions est notre volonté, ce qui nous différencie du monde animal. L’amour se vit dans le monde des personnes, l’amour est une relation et nous ne sommes pas des animaux. « Nous avons l’intelligence pour connaître, la volonté pour choisir et le cœur pour aimer. Nous sommes appelés à aimer en nous regardant, car le regard est plein d’amour, il n’est pas régi par l’instinct mais par notre cœur et notre intelligence » nous rappelle la conférencière. 

De la même manière, elle nous invite à soigner l’utilisation de notre langage, outre le fait qu’il est important d’utiliser un langage chaste et respectueux, il est essentiel d’être attentif aux expressions véhiculées à tort par les médias comme « Ton corps est à toi … ». Si mon corps est à moi, c’est que je peux me séparer de mon corps et le récupérer, nous sommes dans un rapport de possession. Or, l’expression juste qu’il serait bon d’utiliser est « Ton corps c’est toi ». Cette phrase appelle d’ailleurs à davantage de respect, puisqu’elle définit l’unité de ce que nous sommes, sans dissocier notre corps de notre âme et de notre esprit.  Loin d’être anodine, une expérience sexuelle n’est pas sans conséquence. Elle ne marque pas seulement le corps, mais bien la personne toute entière. C’est pour cela que l’enseignement de l’Eglise promeut la chasteté avant le sacrement du mariage. « Les fiancés sont appelés à vivre la chasteté dans la continence. Ils verront dans cette mise à l’épreuve une découverte du respect mutuel, un apprentissage de la fidélité et de l’espérance de se recevoir l’un et l’autre de Dieu. Ils réserveront au temps du mariage les manifestations de tendresse spécifiques de l’amour conjugal. Ils s’aideront mutuellement à grandir dans la chasteté.» (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2350)

Inès Pelissié du Rausas propose un exercice aux parents de préadolescents : « Essayez de prévoir un moment seul à seul avec votre enfant, un temps gratuit, en le rejoignant sur son terrain. Vous créerez alors cette complicité nécessaire à l’éducation de l’amour. ».

En conclusion, il n’est pas nécessaire d’obtenir un diplôme en sexologie pour éduquer les enfants, il faut simplement les aimer, à l’instar de Saint Joseph avec discrétion, humilité, dans le silence, la prévenance et la tendresse, comme nous le rappelle le Pape François dans son homélie du 19 mars 2013.

Adeline Dougados – article paru dans Catholiques en Vendée N°141 – Mars 2016

* Inès Pellissié du Rausas est docteur en philosophie et mère de 5 enfants. Spécialiste de la première éducation affective et sexuelle, elle est professeur au sein de l’Institut de théologie du corps. Elle est intervenue lors d’une conférence Eglise et Société à l’ICES le 2 février 2016, sur le thème « S’il te plaît, parle-moi de l’amour ? ». Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.

Peut-on aimer tout le monde ?

Peut-on aimer tout le monde ?

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». 

Comment aimer tout le monde ? Comment aimer simplement son prochain ? Et pourquoi ? Le père Proux répond à ces questions.

Précisons d’abord le contexte de la parole évangélique. Jésus est interrogé par un scribe : « Quel est le plus grand commandement de la loi de Moïse ? » Il répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… » « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Jésus cite non pas un mais deux préceptes de l’Ancien Testament qui résument « toute la Loi et les prophètes ». Ils sont « semblables » en importance, dit-il, donc pas interchangeables, pas l’un sans l’autre. C’est bien, et déjà pas facile !

Aimer « comme soi-même » signifie « comme on le voudrait pour soi ». Mais la Bonne Nouvelle va beaucoup plus loin. Lorsque Jésus proclame sa loi, il donne à l’amour chrétien une autre dimension : « On vous a dit… Moi je vous dis » ! Et que nous dit-il ? « Aimez vos ennemis ; priez pour ceux qui vous persécutent, pour être les fils de votre Père… car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants ». « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». Nous sommes ici au cœur de cette année jubilaire.

La barre est haute, direz-vous, mais elle l’est encore plus quand Jésus l’élève au niveau du don de sa vie : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! » Tel est « son commandement », label d’authenticité pour ses disciples.

Oui, c’est vrai, « il y a des gens que nous n’arrivons pas à aimer ! » Nous ne sommes pas à la hauteur de ce commandement. Nous aurions même envie de dire : « Jésus, c’est trop ! ». Pourtant, sa parole est un chemin de paix et de bonheur pour nous et pour notre terre déchirée par la violence et les conflits.

Pourquoi est-ce si difficile d’aimer certaines personnes ? Parce qu’elles nous sont étrangères, énervantes, ennuyeuses, désagréables, d’opinions différentes ? Plus grave, parce qu’elles nous ont blessés par injustice, méchanceté ou violence ? Pensons au drame vécu par les chrétiens persécutés ! Si quelquefois les raisons du désamour sont futiles, elles peuvent parfois être insoutenables.

Et nous, sommes-nous toujours « aimables » ? Aimer selon l’évangile n’est pas d’ordre affectif, comme on aime ses parents, ses enfants, son conjoint, ses amis. Il s’agit d’un amour de bienveillance, opposé à la vengeance et à la rancune. « Vaincre le mal par le bien » écrivait Paul.

Puisqu’aimer comme le Père et comme le Christ n’est pas à notre portée, il nous faut donc tendre humblement nos mains dans la prière, pour l’autre, et aussi pour nous obtenir la grâce et la force de la bienfaisance et du pardon, malgré tout. « Rien n’est impossible à Dieu ! »

Abbé Joseph Proux

 

Chrétiens, don pour les uns et les autres

Chrétiens, don pour les uns et les autres

Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens

 « Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage » est le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2022, qui aura lieu du 18 au 25 janvier 2022.

Chaque année, le principal temps fort œcuménique demeure la « Semaine de prière pour l’unité chrétienne » qui rassemble des chrétiens de toutes confessions du 18 au 25 janvier, depuis 1908. Cette année le thème a été choisi par le Conseil des Églises du Moyen-Orient.

Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage
Mt 2, 2

Il s’agit de la parole des mages et, comme les rois mages, issus de communautés diverses, les chrétiens de différentes confessions sont appelés à prier et cheminer ensemble. Nous prions tout particulièrement en ces temps de persécutions contemporaines pour nos frères orientaux. « La pandémie mondiale de COVID-19, la crise économique qu’elle a générée, et l’échec des structures politiques, économiques et sociales à protéger les plus faibles et les plus vulnérables, ont fait ressortir que tous ont besoin d’une lumière qui brille dans les ténèbres. L’étoile qui resplendissait au Levant, au Moyen-Orient, il y a deux mille ans, nous invite encore à nous rendre auprès de la crèche, là où le Christ est né. » peut-on lire sur le site de l’Eglise Catholique en France.

Ce temps de prière et d’unité pour les Chrétiens du monde entier est « l’occasion de s’engager dans la foi pour que les barrières entre nos églises reculent, et que notre témoignage fraternel et notre élan missionnaire fasse advenir le Royaume de Dieu« .

Ste Bernadette : « Une vie toute simple et toute sainte »

Ste Bernadette : « Une vie toute simple et toute sainte »

Suivre Ste Bernadette au service des plus fragiles 

Mgr Jacolin nous accompagne pour notre émission Vie dans le diocèse. Au coeur de notre programme la venue des reliques de Ste Bernadette dans le cadre de l’Année Mariale, la reforme des paroisses en Vendée, et le Synode 2023.

Au coeur de notre émission la venue des reliques de Ste Bernadette dans le cadre de l’Année Mariale inaugurée depuis quelques mois dans le diocèse de Luçon. Si nous irons bien à Lourdes, comme Bernadette, visiter la Vierge Marie en avril et en juillet prochain, c’est la petite sainte qui vient à nous en février prochain. « Une vie toute simple et toute sainte » que Mgr Jacolin nous invite à suivre, dans le dévouement et le service aux autres.

Autre dossier sur la table : la réforme des paroisses dans le diocèse. Les nouveaux contours devraient être connus d’ici quelques mois. Il reste encore quelques ajustements précise notre évêque qui rappelle que l’essentiel est de répondre à cette objectif: « comment nous allons vivre, marcher et conduire ensemble [nos paroisses], c’est ça le grand défi !« . Mgr Jacolin qui confirme que nous aurons « dès l’an prochain de nouvelles orientations » pour vivre la mission au sein de ces nouvelles zones territoriales.

Une restructuration qui répond à la fois à l’appel du Pape François dans « La Joie de l’Evangile » sur la question de l’élan missionnaire de nos paroisses, et que l’on retrouve également dans la lettre pastorale de notre évêque parue fin 2019.

Enfin, dernier point abordé, la démarche synodale lancée depuis quelques semaines en Vendée. « Il est temps » de se lancer invite Mgr Jacolin.

Abbé Jules Coutand

Abbé Jules Coutand

L’abbé Jules COUTAND est décédé à la Maison de retraite du Clergé du Landreau aux Herbiers le samedi 8 janvier 2022. Il était dans sa 90ème année.

Né aux Epesses en mai 1932, il a été ordonné prêtre en 1958. Tour à tour vicaire de la Garnarche, d’Olonne sur Mer, puis de Challans, il est nommé curé de Bois de Céné en 1971, année où il quitte la mission d’aumônier de Zone MRJC qu’il occupait depuis 4 ans.

Il sera par la suite curé de Nieul le Dolent, le Girouard, St Mathurin, Ste Foy et Vairé. Membre du conseil presbytéral de 1997 à 2004, prêtre auxiliaire à St Florent des Bois entre 2007 et 2010, il prend sa retraite à la Résidence Cardinal Louis-Marie Billé de La Roche sur Yon en 2010 avant de rejoindre en 2011 la Maison de retraite du Clergé du Landreau. 

La célébration religieuse, présidée par l’abbé Dominique LUBOT, aura lieu mardi 11 janvier 2022 à 10h30 à l’église des Epesses, suivie de l’inhumation au cimetière des Epesses.