Et comment peut-Il tout pardonner ?

Dieu respecte la conscience de chacun, donc la question n’est pas tant du côté de Dieu que de celui de l’homme

Jésus a déjà répondu à cette question : « En vérité je vous dis que tout sera remis aux enfants des hommes, péchés et blasphèmes autant qu’ils en auront proférés, mais quiconque blasphème contre l’Esprit-Saint n’obtient jamais de rémission : il est coupable d’un péché éternel ! » (Mc 3, 28-29).

Ainsi il est clair que Dieu peut tout pardonner parce que sa miséricorde s’étend largement au-delà de l’abîme du péché, aussi grave soit-il. Saint Augustin fait cette expérience bouleversante de découvrir combien Dieu a précédé son désir enfoui d’être uni à Lui, malgré ses innombrables péchés. Un cri jaillit de son cœur tout au long de ses Confessions : « Mon espérance est tout entière uniquement dans la grandeur immense de ta miséricorde » (X, 19, 40).

Alors qu’est-ce que le péché contre l’Esprit-Saint, seul irrémissible ? « Le blasphème contre l’Esprit Saint consiste précisément dans le refus radical de cette rémission dont Il est le dispensateur intime et qui présuppose la conversion véritable qu’il opère dans la conscience. Si Jésus dit que le péché contre l’Esprit Saint ne peut être remis ni en ce monde ni dans l’autre, c’est parce que cette « non-rémission » est liée, comme à sa cause, à la « non-pénitence », c’est-à-dire au refus radical de se convertir » (Saint Jean-Paul II, Encyclique Dominum et vivificantem, n° 46).

Dieu peut tout pardonner, mais Il respecte la conscience de chacun et ne viole jamais la liberté.

« Dieu peut tout pardonner, mais Il respecte la conscience de chacun, donc la question n’est pas tant du côté de Dieu que de celui de l’homme ».

La question n’est pas tant du côté de Dieu que de celui de l’homme. Par l’endurcissement du cœur et l’orgueil de celui qui ne veut pas dépendre de son Créateur et Seigneur, un bouclier s’installe, repoussant les traits de la miséricorde qui pourraient percer la carapace d’obstination.

Dans l’absolu, Dieu peut tout. Dans la libre disposition de sa providence, il a voulu que l’homme soit libre de répondre ou non à l’invitation de son amour. La matrice du péché, c’est l’orgueil. Poussé à son paroxysme, il peut devenir rébellion déclarée contre le Seigneur, à l’instar du Diable. C’est si vrai que l’hypothèse d’un rejet définitif de Dieu par le refus catégorique de sa miséricorde ouvre l’effrayante perspective de la damnation éternelle, ultime dévoiement de l’impiété de la créature qui maudit son Créateur. Un seul remède donc, promu à longueur de pages d’Evangile : l’humilité. Elle est le terreau où s’épanouit avec bonheur la juste conscience de nos fautes pour que la miséricorde divine puisse les couvrir de son baume de douceur.

Par l’abbé Philippe-Marie Airaud

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